Année :
1980
Genre : Professeur de kaijulogie.
Durée: 50 épisodes de 24 minutes.

Avec:
Hatsunori Hasegawa
(Takeshi Yamato / Ultraman 80)
Sayoko Hagiwara
(Ryoko Hoshi / Yullian)
Jin Nakayama
(Ooyama)
Masaaki Daimon
(Itou)
Eri Ishida
(Emi Jouno)


Super-héros emblématique du Japon, Ultraman allait connaître une période d'inactivité après l'arrêt de la série ULTRAMAN LEO en 1974. Après une version animée en 1979 (THE ULTRAMAN), le géant rouge et argent allait revenir en version live dès l'année suivante dans une série fort logiquement nommée ULTRAMAN 80.


L'incontournable générique en ombre chinoise.

La formule reste la même que dans les autres séries de la franchise avec une organisation paramilitaire aux membres interchangeables (ici U.G.M.) chargée de défendre la Terre contre des menaces sortant de l'ordinaire (généralement de belliqueux envahisseurs extraterrestres et de non moins belliqueux monstres géants (kaijus)) et dont un des membres est secrètement capable de se transformer en un super-héros géant appartenant à la race des Ultramen. Selon les séries, l'individu en question est soit un Ultraman ayant pris forme humaine, soit un hôte humain ayant fusionné avec un Ultraman.


Exercice de tir des membres d'U.G.M. On reconnaît, de gauche à droite, les silhouettes de Teresdon, de Redking et de Zetton.


You're under arrest.


Heu… Cette image est sortie de son contexte!


Il a sa tête des mauvais jours.


Tiens? Un passager clandestin.

Dans les premiers épisodes d'Ultraman 80 (prononcez "Eighty"), il y a cependant une petite différence. En effet, quand la série débute, Takeshi Yamato, la forme humaine de 80, n'est pas membre d'U.G.M. mais enseignant. Néanmoins, dès le premier épisode, il sympathise avec Ooyama, le capitaine d'U.G.M. qui lui propose d'en devenir membre à mi-temps, participant à leurs missions après ses cours et le week-end. Estimant sans-doute que devoir dissimuler sa véritable identité au reste du monde était une tâche trop simple, Takeshi/80 décide d'également dissimuler ses activités extrascolaires à ses collègues et élèves (seul le principal de l'école est au courant de cette double-vie), ce qui occasionnera évidemment de nombreux malentendus.


Tel le lapin d'Alice, Takeshi est toujours en retard.


Il avait promis à ses élèves de venir sur les mains si ça lui arrivait encore.


Oh, heu, bonjour, madame la vice-principale.

Et si Takeshi a des difficultés à jongler avec sa triple identité, la tâche des scénaristes n'est pas plus aisée. En effet, entre U.G.M. et le collège où il enseigne, notre héros se retrouve avec un supporting cast beaucoup trop nombreux et difficile à gérer. Tant et si bien qu'à partir de l'épisode 13, Takeshi devient membre à plein temps d'U.G.M. et il ne sera plus jamais fait mention de sa carrière d'enseignant ou de ses collègues.


Mariko Kurata, chanteuse vedette de l'époque, joue son propre rôle dans l'épisode 42.


Abracadabra!


Petit, mais costaud!

Enfin presque, car dans l'épisode 21, Takeshi fait la connaissance de Yuriko, une employée d'U.G.M. sosie d'une de ses anciennes collègues, Non-Chan. Lors de leur première rencontre, Takeshi s'étonnera de cette extraordinaire ressemblance, puis plus personne n'en reparlera de toute la série. Il faut croire qu'une clause du contrat de l'actrice obligeait les auteurs à la faire apparaître dans un certain nombre d'épisode et qu'ils ont utilisé cette astuce pour justifier sa réapparition dans la série. Allez savoir! Quoi qu'il en soit, entre Non-Chan qui était réduite à de brèves apparitions comme faire-valloir comique et Yuriko dont le rôle se résume le plus souvent à dire bonjour à ses collègues qu'elle croise dans les couloirs, on ne peut pas dire que ces deux personnages étaient indispensables.


Séparées à la naissance?


Petit, petit, viens par ici, n'ai pas peur.


ALERTE! LES KAIJUS ATTAQUENT!


Maman, j'ai peur.


A-A-A-A-A… STAYING ALIIIIIIIIIVE!!!

Yuriko/Non-Chan n'est pas le seul cas de "même acteur, autre personnage" de la série. Emi, le quota féminin d'U.G.M. connaît un sort similaire dans le dernier épisode. En fait, il semble que les auteurs voulaient réunir l'ensemble du casting pour la scène du pot d'adieu qu'U.G.M. organise pour le départ de Takeshi. Problème: Emi était morte entretemps. Qu'à cela ne tienne! On avait déjà établi dans de nombreux épisodes que son père était un brillant scientifique. Il suffisait d'expliquer qu'il avait créé une androïde à l'image de sa fille pour lui rendre hommage et le tour était joué!


Encore séparées à la naissance! Elles ont pas l'air sérieuses, les maternités japonaises.


Oh, la boulette!


Oh, et puis zut!


Tu sors!

Concernant la mort d'Emi, celle-ci est due à l'arrivée d'un nouveau partenaire féminin pour le héros qui aurait fait double-emploi avec elle. Interprétée par Sayoko Hagiwara, qui deviendra célèbre quelques années plus tard pour ses rôles dans DYNAMAN puis FLASHMAN, ce nouveau personnage apparaît d'abord comme une extraterrestre amnésique recueillie par U.G.M. après que son vaisseau ait été abattu. Elle retrouve rapidement la mémoire et Takeshi est stupéfait d'apprendre qu'il s'agit en réalité d'une vieille connaissance: Yullian, princesse de la planète des Ultramen, qui s'était rendue sur Terre pour le prévenir de l'arrivée du Roi Galtan qui voulait le tuer. Au passage, vous noterez une grosse incohérence: il a été établi dès le premier épisode de la première série ULTRAMAN que les Ultramen se déplaçaient dans l'espace par leurs propres moyens. Pourquoi Yullian avait-elle donc besoin d'un vaisseau spatial? Quoiqu'il en soit, Galtan capture Emi qu'il prend pour Yullian à cause d'un bracelet qu'elle lui a offert (nouvelle incohérence: on peut supposer que 80 n'a pas reconnu Yullian parce qu'il ne l'avait jamais vu sous sa forme humaine, mais pourquoi n'a-t-il pas reconnu son bracelet s'il est aussi caractéristique?) et malgré l'intervention de 80 et de Yullian, Emi sera tuée et, avant de mourir, fera promettre à Yullian de la remplacer au sein d'U.G.M.


Pas sûr qu'ils aient pris la peine de payer des droits à Spielberg.


Comme quoi, V n'a rien inventé.


-Nous sommes venus en paix.
- Ils disent tous ça!


Qu'est-ce que je disais? C'est un robot, en fait!


Cet homme est un extraterrestre, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.


L'homme-yorkshire venu d'ailleurs.


Les mains en l'air et tout se passera bien.

L'arrivée de Yullian permet d'offrir une nouvelle dynamique à la série car, à la différence d'Emi, elle est au courant de la véritable identité de 80, et est donc plus efficace pour le seconder dans ses missions. Et ce d'autant plus qu'elle semble posséder certains pouvoirs: selon les épisodes (et le bon vouloir des scénaristes), on la verra ainsi ouvrir et fermer une porte par la pensée, se téléporter, lancer des rayons par les doigts ou révéler la véritable apparence d'extraterrestres en claquant des doigts, son seul pouvoir constant étant sa capacité à communiquer avec 80 par télépathie. Comme lui, Yullian est capable de se métamorphoser en super-géante mais elle ne se transformera que dans les deux derniers épisodes et une seule fois pour combattre. Tout cela sent quand même l'improvisation et le personnage laisse une impression d'opportunité gâchée. Mais que voulez-vous? En 1980, une certaine misogynie était encore de rigueur dans les séries japonaises et les personnages féminins sortaient rarement des catégories "amoureuse du héros" et/ou "demoiselle en détresse". Dans ce contexte, c'est déjà bien que l'idée d'un personnage féminin qui serait l'égale du héros ait été utilisée ne serait-ce que le temps d'un épisode.


Un ultra-couple.


Allez, sans rancune! On se serre la pince?


Je vous dépose où?


80 joue à saute-kaijus.


Et Ultraseven au football.


Méfiez-vous des imitations!


Coupez!

Contrairement à la plupart des super-héros japonais, les séries UTRAMAN ne possèdent généralement pas d'ennemi régulier. Le seul élément récurrent d'ULTRAMAN 80 est "l'énergie Minus", une énergie générée par les sentiments négatifs des humains et qui donne naissance à certains monstres de la série. Cette absence de méchant principal permet à ULTRAMAN 80 d'éviter la répétitivité et de nous offrir des histoires très variées d'un épisode à l'autre. Certaines sont humoristique et d'autres sérieuses, voire très sombres. On voit ainsi parfois des civils subir des morts assez glauques, même si les trucages de l'époque ne rendent pas les scènes aussi crédibles qu'elles devraient l'être.


Même si le trucage n'est pas à la hauteur (un simple fondu-enchaîné), des familles entières, enfants compris, dissoutes à l'acide par un monstre géant en plan-séquence, c'est quand même assez trash pour une série destinée à la jeunesse.


Oh, mon Dieu! Ce malheureux a été victime d'un maquilleur stagiaire!


L'attaque de la mousse à raser géante!

Quel que soit le scénario, il y aura toujours au moins un monstre que 80 devra combattre en suivant un déroulement quasi-immuable: 80 a d'abord le dessus (musique héroïque en fond sonore), puis le monstre reprend l'avantage (musique à suspense) jusqu'à ce que le Color Timer de 80 lui indique qu'il ne lui reste plus beaucoup d'énergie, puis 80 se ressaisit et reprend l'avantage (re-musique héroïque) avant de porter un coup fatal à son adversaire. Heureusement, 80 possède une palette d'attaques suffisamment large pour permettre des combats variés (à la différence de nombreux héros de tokusatsu qui terrassent tous leur adversaire avec la même technique pendant 50 épisodes). D'ailleurs, les combats ne se terminent pas toujours par la mise à mort de son adversaire. Il y a de nombreux cas où ce dernier s'avoue vaincu et repart paisiblement, et même quelques épisodes où 80 n'a même pas besoin de le combattre.


On trouve des kaijus sur toutes les planètes.


Et à toutes les époques.


Et ils ont tendance à attirer les curieux.


Cet arbre donne de drôles de fruits.


Imaginez si le Japon avait eu ça à Pearl Harbor!


U.G.M. part à la pêche au kaiju. (Ne me demandez pas où ils ont trouvé un ver à l'échelle)


Heureusement, il existe des monstres très affectueux.

Concernant l'aspect visuel, la série a plutôt bien vieilli. Les armes et véhicules d'U.G.M. restent crédibles 30 ans après et échappent au ridicule des séries précédentes. Même chose pour les nombreux monstres, presque toujours réussis même quand le concept de base est un véritable appel au ridicule (exemple: un gant de baseball transformé en monstre géant dans l'épisode 47!). Par contre, à l'ère du numérique, les effets spéciaux de l'époque ont évidemment pris un sérieux coup de vieux (incrustations ratés, câbles bien visibles, etc.).


Un design très soigné pour un alien qui n'apparaîtra pourtant que quelques secondes à l'écran.


On va faire semblant de ne pas remarquer le lance-flamme bien visible.


Une incrustation qui n'est même pas raccord avec la perspective.


Un faux-raccord en une seule image digne des RONGEURS DE L'APOCALYPSE (regardez bien le ciel).


Grosse vague de froid au Japon.

Datant, comme son nom l'indique, de 1980, ULTRAMAN 80 présente les défauts des séries de l'époque (effet spéciaux ayant mal vieilli, une certaine misogynie) mais aussi de réelles qualités, en particulier ses scénarios variés évoquant certaines séries anthologiques fantastiques comme THE OUTTER LIMITS ou TWILIGHT ZONE, deux influences reconnues de la franchise ULTRAMAN. Signalons enfin qu'ULTRAMAN 80 est la seule série de la franchise à avoir été diffusée (brièvement) en France sur M6 et TF1 au début des 90s. La série n'allait pas pour autant être rebaptisée ULTRAMAN 90, mais simplement ULTRAMAN ou ULTRAMAN 2080, selon les diffusions, avec deux génériques de Bernard Minet qui ont, on s'en doute, horriblement mal vieilli!


Allez, Ultraman!

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