Année : 2003
Genre : Fantômette au Japon.
Durée : 6 épisodes de 26 minutes.
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Si Tsuburaya Productions est surtout célèbre pour avoir produit ULTRAMAN et ses nombreuses déclinaisons, qu'il s'agisse de suites officielles ou d'autres super-héros sortant du même moule (GRIDMAN, FIREMAN…), il leur arrive parfois de s'éloigner du genre kyodai hero. C'est ainsi qu'en 2003, la compagnie sortit directement en video une mini-série de six épisodes mettant en scène une henshin heroïne: OTASUKE GIRL.


La création du costume d'Otasuke Girl est passée par de nombreuses étapes.

Jun Kawai, Ayumi Moroi et Riko Sawaguchi, trois lycéennes du campus Alps pour filles, forment l'agence de détectives Yûyake (Crépuscule). Les enquêtes de ces trois détectives en herbe les placent régulièrement dans des situations aussi périlleuses qu'inextricables dont elles ne se sortent à chaque fois que grâce à l'intervention d'une mystérieuse justicière masquée surnommée Otasuke Girl. Sachant qu'Otasuke Girl porte un masque minimaliste qui ne dissimule pas grand-chose de son visage, et qu'avant chacune de ses apparitions, Riko s'éclipse sous un vague prétexte pour réapparaître aussitôt après son départ, le fait que ses deux camarades soient incapables d'additionner deux et deux en dit long sur les capacités de cette agence de détectives amatrices plus amatrices que détectives.


Chaque épisode débute par un générique en dessin animé.


Mais ne vous y fiez pas: à aucun moment dans la série Otasuke Girl n'affrontera ces ennemis hauts en couleur.

Avec son trio d'écolières détectives dont l'une est secrètement la justicière masquée qui leur vient régulièrement en aide, OTASUKE GIRL rappelle un peu une célèbre série française de livres pour la jeunesse écrits par Georges Chaulet: FANTÔMETTE. Toutefois, si Fantômette est une fille ordinaire qui ne compte que sur son intelligence et ses capacités athlétiques pour accomplir ses missions, Otasuke Girl bénéficie d'armes magiques et de capacités physiques surhumaines, ce qui nuit un peu au suspens. En effet, la plupart des ennemis qu'elle affronte ne sont que des criminels ordinaires, pas très futés de surcroît, qu'elle n'a donc aucun mal à one shoter. Seuls les épisodes 1 et 6 lui opposent des adversaires capables de la mettre en difficulté. Et encore, pour le premier épisode, c'est vraiment le minimum syndical.


En matière de dangerosité, ces trois bandits sont clairement au bas de l'échelle.


Ha! Ha! Ha! J'ai une prisonnière!


Il faut qu'on aille la délivrer!


Ha! Ha! Ha! C'était une fine supercherie.


Et maintenant, c'est vous qui êtes nos prisonnières.


OH MY GOD !


Fini de rire, maintenant!

Dans le double rôle de Riko Sawaguchi et d'Otasuke Girl, Riko Kurita (qui se fait aujourd'hui appeler Atsumi Ishihara, ce qui prouve que même IRL, elle a un faible pour les identités multiples) confère un charme candide au personnage mais son jeu d'actrice laisse à désirer, sans compter qu'elle est un peu raide dans les scènes de combat. Fort heureusement, l'ambiance légère et humoristique de la série fait que ces défauts ne gênent pas trop.


Une demande de rançon codée pour ressembler à une lettre d'amour passe de main en main et provoque une série de malentendus se terminant en bagarre générale impliquant l'ensemble des personnages de la série.


Kazunori croit que la lettre lui a été adressée par Izumi ...


... Et il se fait beau pour l'occasion.


Sachiho croit que la lettre lui a été adressée par Kazunori.


L'inspecteur Sengoku croit que la lettre lui a été adressée par Sachiho.


Jun croit que la lettre lui a été adressée par l'inspecteur Sengoku.


Izumi croit que la lettre lui a été adressée par Jun. (Gulps!)


Shirô croit que la lettre lui a été adressée par Izumi.


Ayumi croit que la lettre lui a été adressée par Shirô…


… Et elle n'apprécie pas!


N'est-il pas contradictoire qu'une lettre d'amour déclenche une guerre?


La série ayant été tournée en plein hiver, il y a de nombreuses scènes où on peut voir de la vapeur sortir de la bouche des acteurs pendant qu'ils récitent leur texte.

Le ton général d'OTASUKE GIRL est celui d'une comédie policière dont chaque épisode confronte nos trois apprenties détectives à un mystère à élucider, avec son lot de gags et de twists bien amenés même si le spectateur n'a pas trop de mal à les deviner. La série ne tombe cependant jamais dans la répétitivité et brasse une grande variété de thèmes au cours de ses six épisodes: magie noire pour le 1, mélodrame pour le 2, chasse au trésor pour le 3, vaudeville pour le 4, parodie de film d'horreur à la sauce SCOOBY-DOO pour le 5.


J'ai manqué quelque chose?


Quelqu'un peut m'expliquer comment elles peuvent ne pas remarquer un type avec un couteau qui se trouve juste devant leurs yeux?


Que fait donc Jason si loin de Crystal Lake?


Finalement, il faisait beaucoup moins peur avec un masque.


"...and we would have gotten away with it, if it hadn't been for you meddling kids!"

Le dernier épisode tranche cependant radicalement avec les précédents, délaissant totalement l'humour et la légéreté du reste de la série pour une ambiance sérieuse et même très sombre: nos héroïnes y enquêtent sur des disparitions d'enfants, un mystérieux personnage révèle les origines d'Otasuke Girl avant de prophétiser sa future défaite et celle-ci se retrouve dans le coma. Cet épisode abandonne également les adversaires manichéens plus bêtes que méchants au profit d'un ennemi considérablement plus fort qu'Otasuke Girl et surtout ambivalent. Il s'agit en effet d'un garçon dont elle a été amoureuse dans le passé (ou plutôt dans le futur, tous deux venant d'un avenir lointain) et il obéit à des motivations qui lui semblent justes. Malheureusement, si le scénario place la barre haut concernant les enjeux, la résolution n'est pas à la hauteur des attentes: quelques lignes de dialogue et le vrai-faux méchant change d'avis et s'en va après avoir tout ramené à la normale. Plutôt dommage car entre le changement radical de ton et une résolution trop facile, ce dernier épisode nous fait un peu quitter la série sur une mauvaise impression.


Venu du futur, une figure du passé d'Otasuke Girl.


Le même après un coup de vieux.


Ce dessin n'augure rien de bon.


Une funeste prédiction concernant Otasuke Girl …


… Et qui semble bien partie pour se réaliser.

Mais à bien y regarder, ce dernier épisode ressemble à une métaphore du passage à l'âge adulte, nos héroïnes quittant le monde léger et manichéen de l'enfance (les épisodes précédents) pour celui sombre et complexe des adultes. Plusieurs éléments du scénario évoquent d'ailleurs ce thème: les disparitions d'enfants qui servent de point de départ à l'intrigue, le responsable qui apparaît sous deux apparences, celle d'un jeune homme et celle d'un vieillard, et la scène finale où les trois héroïnes discutent de ce qu'elles feront une fois adultes.


La minute glauque: un amateur de lycéennes vérifie qu'Ayumi ne le trompe pas sur la marchandise.


Oui, nous sommes des délinquantes juvéniles. Qu'est-ce qui nous a trahies?


Un tatouage comme celui-là, ce n'est jamais bon signe.

D'ailleurs, l'agence de détectives Yûyake ressemble plus à trois écolières jouant aux gendarmes et aux voleurs qu'à de vrais détectives privés (elles mènent leurs enquêtes en amateur, sans jamais être engagées ou payées par qui que ce soit). Quant à Riko/Otasuke Girl, elle évoque le fantasme de tous les enfants qui s'imaginent être des héros invincibles dans les aventures imaginaires qu'ils vivent dans leur tête (Ne niez pas, on l'a tous fait!). D'ailleurs, la toute première scène de la série est justement un rêve éveillé de Riko qui s'imagine en version féminine de Sherlock Holmes surnommée "Détective Miracle Riko", venant en aide à ses amies prisonnières de bandits. Autrement dit, cette scène imaginaire est identique à celle que l'on retrouve dans chaque épisode, quand Riko devient Otasuke Girl pour secourir ses camarades.


En garde!


En garde toi-même! (Oui, je sais, c'est beaucoup moins impressionnant)


Pan!

Et histoire d'en rajouter encore une couche, le générique de fin de chaque épisode est un montage de différentes scènes de celui-ci se terminant par un gros plan sur Otasuke Girl en costume… Sauf le dernier qui se termine sur une image de l'héroïne en civil en compagnie de ses deux amies, comme une manière de dire au spectateur que Riko est grande maintenant et qu'elle a passé l'âge de rêver qu'elle est une superhéroïne. Bien sûr, il est très probable que je prête aux auteurs de la série des intentions qu'ils n'avaient pas (d'ailleurs, s'ils pouvaient me les rendre rapidement, j'en ai besoin) et que ce côté métaphorique ne soit absolument pas volontaire.


Le redoutable "gold crush" d'Ayumi.


Copieuse!


Tiens, voilà les carabiniers d'Offenbach.


Traitement de choc pour guérir un garnement de son obsession pour les petites culottes.

OTASUKE GIRL n'est certes pas dénué de défauts: une actrice principale qui, bien que jolie et sympathique, n'était pas le meilleur choix pour le rôle, un épisode final tranchant trop avec le reste de la série et ayant une résolution anti-climactique. Mais malgré ces quelques reproches, OTASUKE GIRL est une série méconnue qui mérite d'être découverte pour son humour et ses personnages sympathiquement nunuches. Dommage que les DVDs de cette série commencent à se faire rare. Et surtout, dommage qu'elle ne comporte que six épisode car le seul vrai défaut qu'on puisse lui trouver, c'est d'être trop courte.


Ouin, c'est déjà terminé!


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