Année : 1983
Pays : USA
Catégorie(s) : Comédie, Policier, Super-héros
Genre : Auto-critique.
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LA SÉRIE


Si aujourd'hui l'informatique fait entièrement partie de notre quotidien, ça n'a pas toujours été le cas et dans les années 80, alors que l'ordinateur commençait à peine à se démocratiser, il exerçait une telle fascination qu'il entraîna une véritable mode de fictions reposant sur ses vertus et/ou dangers supposés, souvent de manière fort fantaisiste: Electric Dreams, Superman III, Tron ou Wargames sur le grand écran, Whiz Kids (Les Petits Génies) ou Automan sur le petit. Ce dernier avait d'ailleurs un producteur commun avec Tron en la personne de Donald Kushner, et reposait sur le même principe, mais inversé: alors que le héros de Tron était un humain qui se retrouvait transporté dans le monde des programmes, celui d'Automan était un programme qui agissait dans le monde des humains.


Il est temps de charger le programme.

À l'origine, Automan est en effet un programme conçu par Walter Nebicher, un génie de l'informatique doublé d'un policier qui rêve d'enquêter sur le terrain mais que son supérieur préfère cloîtrer dans la salle d'informatique du commissariat. Bien que frustré dans son travail, Walter a ainsi tout le temps de travailler sur Automan (contraction de "Automatic Man") qui, d'abord conçu comme un personnage de jeu vidéo, évolue rapidement vers une intelligence artificielle extrêmement sophistiquée destinée à l'aider à combattre le crime. Il rend même sa création capable d'agir dans le monde réel sous la forme d'un hologramme qui, en contrôlant son propre champ électromagnétique, peut être tantôt indestructible, tantôt aussi intangible qu'un fantôme.


De l'écran d'arcade à celui de la télévision, il n'y a qu'un pas.


Quelques unes des célébrités qui ont servi d'inspiration à Walter pour l'apparence et la personnalité d'Automan.


Est-ce à cause de l'influence de Christopher Reeves qu'il peut voir à travers les obstacles?


Et résister aux balles?


Ce qui ne l'empêche pas de jouer les passe-murailles à l'occasion.


Que sa densité variable lui permette de fusionner avec Walter pour le faire profiter de son invulnérabilité, d'accord, mais que ça permette à ce dernier de devenir intangible à son tour demande beaucoup trop à ma suspension d'incrédulité.


Ce criminel vient de s'attirer ses foudres.


En tant que personnage de jeu vidéo, Automan est vulnérable aux armes de jeux vidéos.

Évidemment, un hologramme aussi sophistiqué nécessite beaucoup d'énergie pour fonctionner et, dans le pilote, Automan ne peut agir que de nuit, où la consommation d'électricité est minimale. Une limitation réaliste mais qui disparaîtra rapidement de la série. En fait, elle était surtout là pour ne pas avoir à tourner des scènes de jour avec le personnage. En effet, le trucage utilisé pour son costume "à la Tron" est facile à réaliser dans le noir ou dans les scènes en intérieur mais beaucoup plus compliqué en lumière naturelle, en plus d'être coûteux. Mais comme Automan utilise dès l'épisode suivant des déguisements holographiques simulant des tenues normales, cela supprime cette contrainte et il devient désormais capable d'agir le jour sans aucune explication (il faut croire que Walter avait résolu son problème d'alimentation entre deux épisodes) tout en restant quand même sujet aux pannes de batterie aux moments les moins opportuns.


Un costume coûteux en électricité.


Et qui, pour faire paraître encore plus grand l'acteur de 1m96 Chuck Wagner, est équipé de talons hauts qui donnent à Automan des faux-airs de super-héros drag queen.


Rien de tel qu'un costume holographique pour passer inaperçu.


Même si ce n'est pas très solide.


Profitons en pour penser aux produits dérivés.


Je ne plaisante qu'à moitié: la série avait eu droit à de nombreux produits dérivés.

Le fait de pouvoir revêtir des tenues plus normales est néanmoins très pratique pour qu'Automan puisse accompagner discrètement Walter dans ses enquêtes et interagir avec ses collègues en se faisant passer pour un agent fédéral nommé Otto J. Mann.


Mon nom est Mann. Otto Mann.


Le capitaine Boyd, supérieur vieux jeu et technophobe de Walter Nebicher qui écorche constamment son patronyme, donnant ce dialogue récurrent:
- Nebish.
- Nebicher.
- Whatever (Peu importe).
(Cela prend une saveur particulière quand on sait que la VF écorche systématiquement son nom en le prononçant NebiSHer au lieu de NebiKer.)


Le badass lieutenant Boyd, qui sert souvent de sparing partner aux criminels qu'il croise.


Roxanne Caldwell, le love interest de Walter et la seule à connaître la véritable nature d'Automan.

Automan est également secondé par Cursor, un petit polyhèdre volant lumineux. Largement inspiré du bit de Tron, il ne s'exprime que par des "bips" qu'Automan est seul à comprendre et est un véritable obsédé sexuel que Roxanne qualifie de "Roméo de 50 W".


#Balance ton curseur.

Quand il ne se jette pas avidement sur tout ce qui ne possède pas de chromosome Y, Crusor est néanmoins un allié bien utile puisqu'il peut créer à volonté des hologrammes solides, notamment les tenues civiles d'Automan et ses nombreux véhicules, en particulier une Lamborghini capable de prendre les virages à 90° comme Pac Man, occasionnant à chaque fois deux running gags: le passager qui s'emplafonne la vitre de la portière et les poursuivants qui finissent dans le décor en tentant de faire pareil.


L'air de rien, Cursor est l'ancêtre des imprimantes 3D.


C'est fou ce que les arbres poussent vite, en cette saison.


Avec Cursor, plus besoin de vous rappeler où vous avez garé votre voiture.


Walter regrette amèrement de ne pas avoir codé des ceintures de sécurité.

Si Automan, à la différence de Cursor, n'est pas particulièrement intéressé par le beau sexe, rares sont celles qui ne craquent pas instantanément pour son physique d'Apollon infographique. On le verra cependant tomber amoureux à deux reprises de deux ravissantes brunes... tout en se plaignant à son créateur qu'il l'ait progammé pour n'être attiré que par les blondes, les scénaristes de l'époque n'étant guère soucieux de la continuité. On trouve en effet dans certains épisodes des questionnements philosophiques certes succincts, mais assez inhabituels pour une série des 80s, avec Walter qui ne considère pas Automan ou ses confrères informatiques et robotiques comme des personnes réelles ou Automan qui fait des parallèles entre sa programmation et la personnalité d'un humain. Et quand Walter lui fait remarquer qu'il ne peut pas tomber amoureux parce qu'il n'est pas réel, Automan lui rétorque un hilarant "Les personnages de soap opera non-plus et ils tombent amoureux toutes les 20 minutes."


Automan salue un de ses confrères.


L'idole des jeunes et des moins jeunes.


Alerte fanservice! Alerte fanservice!


À part ça, il se plaint de n'être attiré que par les blondes.


Entre les deux, le courant passe.


Par contre, il ne sait pas ce qu'il doit faire ensuite car c'est toujours à ce moment-là qu'on coupe la scène pour passer une publicité.

Car si Automan a été programmé pour être le meilleur détective du monde et reléguer Bruce Wayne à la deuxième place, il reste un personnage candide qui prend tout ce qu'on lui dit au pied de la lettre et se cultive en visionnant des films et séries, ce qui lui permet de reproduire à la perfection les talents de danseur de John Travolta ou ceux de tennisman de John McEnroe (faisant cependant attention de ne pas reproduire également son langage) et de parfois calquer son comportement sur ceux de personnages fictifs comme J.R. Ewing (Rebaptisé E.J. pour des questions de copyright) ou Dirty Harry (Rebaptisé Nasty Eddy pour les mêmes raisons). Heureusement qu'il n'est jamais tombé sur un film porno!


Parce qu'Automan fait aussi télévision. Je vous l'avais pas dit?


Faute! L'incrustation est décalée.


Flagrant délit de réutilisation d'un même plan en inversant l'image pour que ça se voit moins.


Walter panique tellement que ses vêtements en changent de couleur.


Toutes les lumières de la ville s'éteignent mais continuent de se refléter dans le fleuve. Comment vous expliquez ça?


Ta gueule, c'est magique!

Non-seulement les références ciné et télé abondent dans la série, mais musicalement, c'est un vrai catalogue des tubes de l'époque qui rythme la bande son des différents épisodes (parfois interprétés par quelqu'un d'autre que l'artiste original, probablement pour des questions de droit). L'épisode 9 s'offre même le luxe de faire jouer la chanteuse qu'Automan doit protéger par la regrettée Laura Branigan, à qui on doit, entre-autres, le mythique Self Control.


L'honnêteté m'oblige cependant à admettre qu'elle était bien meilleure chanteuse qu'actrice.


Parmi ses deux choristes, on reconnaît, à gauche, Ola Ray, Miss Juin 1980 et petite amie de Michael Jackson dans le clip de Thriller.


En revanche, ceci n'est pas Jeanne Mas.

Malgré ses qualités et une certaine popularité, Automan s'arrêta au bout de 13 épisodes (le dernier restant même longtemps inédit aux USA), en grande partie parce que ses effets spéciaux d'une qualité exceptionnelle pour l'époque rendait la série trop chère alors qu'ils ne coûteraient aujourd'hui qu'une bouché de pain. Par conséquent, est-ce qu'un remake de la série avec les moyens actuels serait une bonne idée? Probablement pas car une bonne partie de son charme vient de son ambiance 80s, époque où l'informatique était une technologie encore relativement nouvelle pour le grand public qui considérait les ordinateurs comme des machines magiques capables de faire tout et n'importe quoi avec un minimum de technobabble pour le justifier. Ceci-dit, à défaut d'un remake, on peut toujours apprécier cette sympathique petite parodie de 2017 dans laquelle Chuck Wagner reprend son rôle le temps d'une scène post-générique.


Patrick McNee se prend pour un méchant de James Bond dans le pilote? Chapeau, le melon!


La disquette, vénérable ancêtre de nos clés USB.


Et puisqu'on parle de clé...

Si la série n'a toujours pas été édité en DVD en France, il existe une édition anglaise zone 2 datant de 2012, hélas non sous-titrée mais bénéficiant de nombreux bonus: articles, photos de tournage et des produits dérivés, ainsi que Calling Automan: The auto feature, un documentaire sur la série accompagné d'interviews du producteur Glen A. Larson et des acteurs principaux.


L'occasion de découvrir que celui de Walter a pris un plus sérieux coup de vieux que ses collègues.



BILAN


Concept = 4,3 / 5
Automan est un buddy cop movie qui reprend le point de départ de Tron en l'inversant. Certes sa vision de l'informatique, typique des années 80, a pris un coup de vieux et paraît kitsch aujourd'hui, mais ça ne fait que renforcer son charme nostalgique.



Scénario = 3,3 / 5
Des intrigues policières classiques mais bien ficelées, indépendantes et sans réel souci de continuité, quitte à parfois ignorer des éléments restés en suspens à la fin, comme les girlfriends potentielles aussitôt oubliées ou le changement de personnalité d'Automan dans l'avant-dernier épisode. (Voir la section épisodes pour plus de détails.)



Humour = 4 / 5
Qu'il repose sur la personnalité candide d'Automan, le duo qu'il forme avec Walter, les réactions des témoins de ses apparitions ou des démonstrations de ses pouvoirs, ou les nombreux gags du genre slapstick, l'humour est omniprésent dans la série.



Héros = 4,6 / 5
En plus de pouvoirs originaux, Automan possède une personnalité qui lui est propre avec sa candeur, sa curiosité et sa façon de s'instruire en visionnant des films et séries qui apporte parfois un humour méta à la série. Face à lui, Walter Nebicher échappe aux stéréotypes habituels de l'informaticien nerd, sans doute parce que ce type de personnage était assez neuf à l'époque (pour être honnête, dans le pilote, il en a quelques caractéristiques qui sont heureusement vite abandonnées), et il prouve à plusieurs reprises qu'il est aussi doué pour l'action que pour la programmation. Il est plus le partenaire complémentaire d'Automan que son faire-valoir et il forme avec lui un duo fun évoquant fortement un père dépassé par la crise d'indépendance de son ado de fils.



Costume = 4,4 / 5
Un design unique et iconique, bien que clairement inspiré des tenues de Tron.



Personnages récurrents = 2 / 5
Très stéréotypés avec le supérieur ronchon et vieux jeu, le lieutenant badass qui se met régulièrement dans des pétrins d'où les héros doivent le sortir et le love interest dont la caractérisation se résume à être jolie.



Personnages secondaires = 2,9 / 5
Au fil de leurs enquêtes, Walter et Automan croisent de nombreux personnages sympathiques mais rarement mémorables.



Antagonistes = 2,1 / 5
Si on excepte le pirate informatique Ronald Tilson qui aurait pu faire un bon adversaire récurent si la série s'était prolongée, les adversaires sont peu originaux et se résument souvent à de simples gangsters, hommes d'affaire véreux et autres policiers corrompus. (Voir la section antagonistes pour plus de détails.)



Casting = 4 / 5
Tous les acteurs sont bons et on a souvent droit à de sympathiques guest-stars.



Véhicules = 3,5 / 5
L'autoplane (5 / 5) est un véhicule 100 % original, tandis que l'autocar (4 / 5) et l'autochopper (3 / 5) sont des véhicules existants réhaussés de bandes lumineuses bleues électriques qui leur donnent malgré tout un aspect qui leur est propre en évoquant les dessins polygonaux des premiers jeux en 3D. Seul l'autobike (2 / 5) a un design un peu décevant, en particulier à cause de l'inesthétique croix bleue à la place du phare.



Effets spéciaux = 4,4 / 5
Malgré quelques raccords visibles, ils sont d'une qualité exceptionnelle pour une série de l'époque ... et leur coût élevé est pour beaucoup dans la faible durée d'Automan.



Générique = 3,1 / 5
Le thème musical de Stu Philips est mémorable avec un côté musique électronique qui colle parfaitement avec le thème informatique de la série mais le générique est très conventionnel et se résume à un montage d'extraits de la série dont la seule valeur ajoutée sont les interventions de Cursor qui marquent les transition d'un acteur à l'autre. Il est suivi à chaque fois d'une séquence où Automan raconte ses origines en voix off. Si dans le premier épisode, il les présente comme authentiques ("This is the true story of Walter Nebicher."), ce n'est pas le cas dans les suivants où il dit juste "This is the story of Walter Nebicher." En revanche, dans la VF, l'intro de chaque épisode affirme que son histoire est authentique ("L'histoire que vous allez voir est vraie, c'est celle de Walter Nebicher.).




NOTE FINALE = 14,2 / 20