Année : 2006
Genre : Veux-tu goûter à la mort?
Durée : 12 épisodes de 25 min
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S'il vous suffisait d'écrire le nom d'une personne que vous détestez pour que celle-ci disparaisse aussitôt de la surface de la Terre, le feriez-vous? Et si en contrepartie, votre âme était précipitée en Enfer à votre mort, le feriez-vous quand-même? C'est sur ce postulat de départ que repose la série animée Jigoku Shôjo, dont le succès lui a valu d'être également décliné sous forme de manga (c'est d'ailleurs principalement sous cette forme que la série est connue en France, alors que les personnages récurrents y sont peu ou pas développés, rendant le tout assez peu "reader friendly") et de la série live qui nous intéresse ici.


Veuillez entrer le nom de votre victime.

Le Courrier des Enfers est un site internet auquel on ne peut accéder qu'à minuit exactement. Si on y entre le nom d'une personne qu'on déteste, la Fille des Enfers, Ai Enma, apparaît et nous remet une poupée de paille entourée d'une cordelette rouge. (Ce genre de poupée est un accessoire souvent utilisé pour lancer des sorts dans la culture japonaise, comme un équivalent nippon des poupées vaudous.)


Dans l'au-delà aussi, on a internet.


En revanche, les distractions y sont rares.


Ceci n'est pas Yahoo.


Avant internet, la Fille des Enfers se faisait contacter par la poste.


Elle pourrait frapper avant d'entrer, quand-même.


N'approchez pas! J'ai une poupée et je n'hésiterai pas à m'en servir!

Il ne reste plus ensuite qu'à retirer cette cordelette pour valider le pacte avec Ai qui emporte notre Némésis en Enfer tandis qu'une marque en forme de flamme noire apparaît sur notre poitrine pour nous signifier que notre âme sera elle-aussi précipitée en Enfer à notre mort.


Une petite consolation: ça fait un joli tatouage gratuit.


Et si je vous dis que je n'ai pas mon billet, vous m'emmenez quand même en Enfer?

Beaucoup croient que ce n'est qu'une légende urbaine, mais ce site existe réellement, ainsi que Ai Enma et le trio de Yôkais (créatures surnaturelles du folklore japonais) sadiques chargés d'espionner ses victimes avant de leur infliger une punition inspirée des méfaits qu'ils ont commis pour mériter leur damnation.


Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en Enfer.


Et maintenant ...


... voici le clou de notre spectacle!

Ces trois assistants surnaturels sont Hone Onna (Femme squelette), une très belle femme dont le squelette devient parfois partiellement visible, Ichimokuren, un borgne dont l'œil manquant apparaît sur les murs pour épier les futures victimes d'Ai, et Wanyûdô, un vieillard qui prend la forme de la poupée qu'Ai confie à ses clients.


Je suis la Femme squelette. C'est moi qui ai le rôle sexy.


À condition d'être nécrophile, bien sûr.


Ichimokuren ...


... tient les victimes d'Ai à l'œil.


Wanyûdô a pourtant largement passé l'âge de jouer à la poupée.


Dépêche-toi de me retirer cette cordelette que je puisse retrouver ma véritable apparence. J'attrape des crampes, moi!

Étant donné le concept de départ, on pouvait redouter une série répétitive dont chaque épisode reprendrait la même trame scénaristique: un héros à qui on fait des misères demande à la Fille des Enfers de le venger et son tortionnaire finit en Enfer après une punition infligée par ses trois comparses selon le principe "œil pour œil". Si certains épisodes reposent effectivement sur cette formule, il y a heureusement des variations (d'ailleurs, seulement 6 épisodes sur 12 comportent les séquences cauchemardesques où les Yôkais s'acharnent sur les victimes d'Ai, séquences immédiatement identifiables à leur filtre violet). On a même droit à des twists réellement surprenant à la fin de certains, en particulier l'excellent Yakusoku No Akai Ito.


Oh, oh! On est passé au filtre violet, c'est mauvais signe.


Cette fille en perd la tête.


Tu me fais tourner la tête.

De plus, la série met rapidement en place une intrigue fil rouge centré sur Hajime Shibata, un journaliste qui enquête sur les agissements d'Ai Enma, aidé par les visions de sa fille Tsugumi. Ainsi, Ôma No Migiri est presque entièrement raconté du point de vue d'Hajime; dans Amai Yûwaku, il tente de convaincre une femme qui a contactée Ai Enma de renoncer à sa vengeance; tandis que dans Seiya No Kiseki, il assiste aux derniers instants d'un des commanditaires d'Ai. Enfin, dans Genshisei No Yami, un épisode final en deux parties particulièrement riche en révélations et en coups de théâtre, il contacte Ai pour se venger du responsable de l'enlèvement de Tsugumi.


La seule explication logique, c'est que Tsugumi est une medium.


Rançon de sa célébrité, Ai est traquée par un paparazzi.

Les effets spéciaux sont assez inégaux. Si les pouvoirs de Hone Onna et d'Ichimokuren sont très bien rendus, de même que les scènes où Ai Enma emporte ses victimes en Enfer, d'autres trucages sont nettement moins convaincants, comme les têtes décapitées du premier épisode ou les scènes où Ai joue les passe-murailles.


Bouh!


Ah, le bon vieux truc de la main rentrée dans la manche pour faire moignon.

Rien à redire sur le casting, en revanche: Sayuri Iwata campe une Ai monolithique et taciturne, diamétralement opposée à la véritable personnalité de l'actrice, au point qu'on a du mal à la reconnaître quand on la voit dans le making of. Ses trois assistants sont aussi charismatiques que sadiques et sarcastiques avec leurs victimes. Les nostalgiques de Liveman apprécieront de retrouver Yellow Lion dans le rôle d'Hajime tandis que dans celui de Tsugumi, la jeune débutante Saaya Irie se débrouille plutôt bien pour son âge.


Ai a un admirateur secret.


Dans cette série, même les tableaux jouent admirablement bien la tristesse.

Reposant sur le thème de la vengeance par procuration, Jigoku Shôjo est une franche réussite qui évite le piège de la répétitivité en nous proposant des histoires variées où les punitions cauchemardesques que les Yôkais infligent aux victimes d'Ai avant leur départ pour l'Enfer alternent avec des séquences réellement émouvantes qui nous font compatir avec les clients de la Fille des Enfers dont on comprend la détresse et le besoin de se venger ... mais aussi avec certaines de ses victimes qui ne méritent pas toujours leur sort!


Veux-tu goûter à la mort?


Toku-Actrice(s) :