Bit Bullet

Année :
2008
Studio(s) : Gyao
Créateur(s) : Kazuya Hatazawa
Genre(s) : Tokusatsu
Sous-genre : C'est l'heure du conconconconcontact!
Thème(s) : Futur proche, Jeux vidéos, Réalité virtuelle, Sports de combat, Tournois.

Série disponible sur : Amazon, Zenmarket.
Intermédiaires : Buyee, Celga.

Critique vidéo :

Série :

A l'heure où je rédigeais la première version de ce dossier, nous étions en 2015, ce qui signifiait que l'année suivante, le Japon allait organiser un tournoi national faisant s'affronter des lycéennes en uniforme sur fond de réalité virtuelle, de théorie du complot et de cartes activant des pouvoirs spéciaux. C'est en tout cas ce que prédisait la websérie Bit Bullet.


Le générique d'intro montre deux combattantes qui n'apparaîtront pas dans la série, tandis que le générique de fin montre ...


ALERTE FANSERVICE! ALERTE FANSERVICE!

En 2010 (la série date de 2008, époque où c'était encore le futur), la XOR Corporation développe Bit Bullet, un jeu de combat en réalité virtuelle qui remporte un succès phénoménal. Par la suite, elle l'améliore avec l'Elice System qui, grâce à un système de visualisation miniaturisé sous forme de lentilles de contact, permet aux joueurs de s'y connecter n'importe où pour une immersion totale.


Et quand je dis "immersion"...


Quand à savoir comment les joueurs peuvent interagir avec le décor virtuel sans jamais se cogner aux objets ou personnes du monde réel ...


Ta gueule, c'est magique!


Au passage, les passants ne remarquent même pas ce qui se passe. Le flegmatisme nippon m'impressionnera toujours.

En 2016, la XOR organise un tournoi national féminin de Bit Bullet en promettant à la lauréate une forte somme d'argent, le financement de ses études et la réalisation d'un souhait dans les limites du réalisable. La promesse d'une telle récompense attire évidemment les candidatures et la compagnie en enregistre près de 700 venant des quatre coins de l'Archipel. Finalement, à l'issue d'une présélection drastique, il ne reste plus que 12 concurrentes surnommées "Bullets" qui ont pour point commun d'être toutes nées le 29 février 2000 (Et tant pis si, parmi les actrices qui les incarnent, certaines ont quatre ans d'écart). Néanmoins, on n'en verra que 10 au cours de la série (plus une qui n'apparaît que quelques secondes), chacune portant le même prénom que l'actrice qui l'incarne.


Au dojo de son père, la karatéka Ai Yamato est invaincue.


Suivant!


C'est pas nous!


Quand elle perdra le tournoi, son père prendra la chose avec dignité.

Une fois qualifiée, chaque Bullet reçoit la visite de la mystérieuse Jun Kai qui lui tient des propos sibyllins tout en lui remettant une invitation mentionnant le nom de sa première adversaire. Cette messagère a d'ailleurs l'étrange habitude de porter un cosplay différent à chaque fois. Si au début, ses déguisements sont plutôt logiques (un karategi pour contacter une karatéka, un uniforme d'écolière dans un orphelinat), les suivants sont nettement plus WTF et on la voit débarquer en sorcière ou en pirate.


Félicitations: vous avez été sélectionnée.

Revêtues d'uniformes d'écolières (Fétichisme, quand tu nous tiens…) et équipées d'un bouclier (Psifus), d'une matraque (Bullet Stick) et d'un badge (BB Emblem), les Bullets vont s'affronter dans des duels virtuels (Contacts) dont le but est de toucher le BB Emblem de l'adversaire avec le Bullet Stick. Pour y parvenir, elles s'affrontent au corps à corps mais utilisent aussi les Bulletas, des cartes qui, une fois insérées dans leur Psifus, leur permettent d'activer des pouvoirs spéciaux (Psifers) propres à chaque duelliste. À l'issue du duel, la gagnante récupère la Bulleta – et donc les pouvoirs – de son adversaire. On sent l'influence de Yu-Gi-Oh! (Ou de Kamen Rider Ryuki qui en était lui-même inspiré).


C'est l'heure du dududududuel!


Les duels sont diffusés en direct sur le net.


Et les employés de la XOR suivent leur déroulement de près.


Y aurait-il un bug dans la matrice?


Game over!

Chacun des neuf épisodes est consacré à un duel. D'ailleurs, si vous achetez les DVD, évitez de regarder la liste au dos des jaquettes, à moins de vouloir vous spoiler les noms des gagnantes successives. N'allez cependant pas croire que la série soit répétitive: certains combats reposent essentiellement sur le corps à corps tandis que d'autres sont plus axées sur les pouvoirs ou sur la stratégie. Il faut dire aussi que si certaines actrices ont une formation évidente de combattante, ce n'est pas le cas de toutes. Quant à leurs talents de comédienne, là aussi, toutes ne sont pas logées à la même enseigne et malgré toute la sympathie que j'éprouve pour Miku Takaoka, il faut bien avouer que son jeu d'actrice (qui s'améliorera heureusement par la suite même si sa filmographie est très peu fournie) est absolument catastrophique.


La technique de combat de Miku Moroboshi est pour le moins ... Comment dire?


C'est le mot, en effet.


Mais nettement moins que sa cuisine ...


… ou ses méthodes d'entraînement. (Ce n'est pas évident sur une capture d'écran, mais elle est en train de faire courir son élève à reculons autour du poteau)

Si certains combats privilégient l'action, d'autres sont beaucoup plus humoristiques, en particulier ceux impliquant Kaya Hokuto. Le scénario gère d'ailleurs bien l'évolution du personnage qui débute comme une combattante maladroite et inexpérimentée devant ses victoires à la chance ou à la coopération de ses adversaires, mais gagne en assurance à mesure qu'elle progresse dans le tournoi.


Croyez-le ou non, mais cette prise de catch de Kaya résulte d'un concours de circonstance.


La musique adoucit les mœurs.


Hiiiiiiighway to hell!

Mais attention: la série est loin de se résumer uniquement à des affrontements d'adolescentes en tenues d'écolières. Chaque participante possède un background très détaillé et certaines ont même leur propre sous-intrigue développée au cours de la série. Par exemple, Rie Ôtori participe au tournoi tout en utilisant ses talents de hackeuse pour découvrir les réelles intentions des organisateurs. Car beaucoup de mystères entourent cette compétition qui serait bien plus qu'un simple événement promotionnel: pourquoi la date de naissance des participantes est-elle si importante? Pourquoi certaines semblent capables d'utiliser leurs pouvoirs dans le monde réel? Quel jeu joue Jun? Qui est Ryô Hibino, l'écolière qui observe les duels en cachette tout en transmettant à la XOR des données sur les participantes? Même question pour Kaguya, une jeune fille dormant dans une cuve de la compagnie? Et quel rapport avec de l'ADN extraterrestre découvert sur le site de la Toungouska (lieu d'un impact de météore particulièrement dévastateur ne cessant de stimuler l'imagination des scénaristes et des théoriciens du complot)?


La mystérieuse Ryô Hibino tient les participantes à l'œil.


Ryô était en fait un robot!


Et elle a deux bras gauches!


Un trucage simple mais efficace.


Sauf pendant les high-kicks, évidemment.


Les fans de la franchise Wecker reconnaîtront au passage Ryô Shihono et Ai Hazuki, deux actrices qui avaient déjà été réunies l'année précédente dans Wecker Signa.


Tandis qu'Hikari Yamaguchi les rejoindra dans la suite, Hyperion.

Si une bonne partie de ces questions trouveront une réponse, la série se termine de façon ouverte avec le réveil de Kaguya tandis que Jun et l'organisateur du tournoi, Kazuhiko Yanagisawa, sont (apparemment) éliminés sur ordre de leurs supérieurs. Les auteurs avaient en effet l'intention de développer Bit Bullet sur plusieurs saisons mais la série n'ira pas au-delà de la première. Malgré cette fin ouverte, la conclusion apporte suffisamment de réponses et résout suffisamment de sous-intrigues pour ne pas être frustrante et laisse quand-même l'impression d'avoir suivi une histoire avec un début, un milieu et une fin.


Comprenant qu'elles sont manipulées, les participantes viennent demander des comptes aux dirigeants de la XOR.


Vous ne passerez pas!


C'est la bagarre qu'elle veut?


Alors on va en profiter pour disputer la finale!


Et si au lieu de suivre la finale, elles en profitaient pour trouver l'organisateur du tournoi? Après tout, c'est ce qu'elles étaient venu faire à la base.


D'autant qu'au même moment, ledit organisateur a comme un besoin urgent d'assistance.


Tiens? Voilà les carabinières d'Offenbach!

Néanmoins, on ne peut s'empêcher de se demander quelles étaient les intentions des auteurs pour la saison 2. Prévoyaient-ils de mettre en scène des concurrentes différentes à chaque saison? Ou bien la saison 2 aurait-elle opposé les héroïnes de la saison 1 à de nouvelles adversaires?


La dormeuse ...


... doit se réveiller!


On attend toujours ...

Ballet Riverse :

Ceci-dit, si Bit Bullet n'a jamais eu de saison 2, il y a quand même eu une suite appelée Ballet Riverse, sortie en 2011 et se déroulant en 2021. Une différence de taille: il s'agit cette fois... d'un film porno dans lequel les perdantes des duels se font gangbanger de force! Je vous rassure, les actrices sont beaucoup plus âgées.


Ils prennent quand même la peine d'ajouter un avertissement en fin de film pour rappeler que le viol, c'est pas bien.


Il en existe certes une version débarrassée des scènes hards mais même celle-ci reste réservée à un public averti.


Kaguya revient en mode "nonne fanatique" (Évolution logique pour un personnage qui portait un crucifix).


Mais elle exprime aussi à l'occasion son côté dominatrice.


On notera un effort de casting avec une actrice ressemblante qui reprend le rôle de Kaya Hokuto.


Et puisqu'on parle des acteurs, le film s'offre en guest Shigeru Araki alias Kamen Rider Stronger, dont ce sera le dernier rôle.

Même sans le côté porno, cette suite est très inférieure à l'original. Le scénariste n'est pas le même et ça se ressent: seules trois participantes ont droit à un réel background (Et encore, l'une d'elle apparaissait déjà dans Bit Bullet) tandis que les autres sont réduites à des caricatures, la plupart des combats sont mous et les Psifers des duellistes servent surtout à déshabiller leurs adversaires.


Les duels se déroulent désormais dans des salles de réalité virtuelle.


Comme l'holodeck de Star Trek, elles permettent aux joueuses de se déplacer dans de vastes décors virtuels sans jamais se cogner aux murs réels.


Sauf quand ça arrange le scénariste, évidemment.


Une des rares bonnes idées de cette suite: les Bullet Sticks se transforment en accessoires qui canalisent les Psifers des joueuses.

Bilan :

Concept = 3 / 5
Avec son tournoi à base de cartes qui activent des pouvoirs spéciaux, le concept de la série est clairement inspiré de Yu-Gi-Oh! et de Kamen Rider Ryuki. Les auteurs tentent bien de lui donner un soupçon d'originalité en ajoutant une pincée de réalité virtuelle mais elle est présentée de façon beaucoup trop irréaliste.


Scénario (Intrigue globale) = 5 / 5
Même si on est déçu par l'absence de saison 2 (Mieux vaut vivre dans le déni et considérer que Ballet Riverse n'est pas la vraie suite), la conclusion de cette première saison résout suffisamment de sous-intrigues et apporte suffisamment de révélations pour ne pas être frustrante et donne malgré tout au spectateur l'impression d'avoir suivi une histoire avec un début, un milieu et une fin, tout en laissant suffisamment de questions en suspens pour garder une porte ouverte vers une suite qui ne se verra hélas jamais le jour.


Scénario (Épisodes) ≈ 4,8 / 5
La série comporte 9 épisodes de 13 minutes appelés "contacts". Chacun est centré sur un duel précédé d'une introduction nous présentant les deux belligérantes avec leur environnement et leurs motivations, et suivi d'une conclusion montrant les changements, généralement positifs, que ce combat a apporté à leurs vies, tout en n'oubliant pas de développer l'intrigue fil rouge et les arcs narratifs des héroïnes. (Voir la section épisodes pour plus de détails. La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Héroïnes ≈ 4,7 / 5
Chacune des dix héroïnes est parfaitement caractérisée avec une personnalité, un background, un arc scénaristique qui est conclu à la fin de la série, et une bonne motivation pour participer au tournoi. Ce qui fait qu'il n'y en a aucune qu'on souhaite voir gagner plus qu'une autre. Miku Moroboshi est la seule à ne pas avoir d'arc car elle est surtout là en tant que comic relief apportant une touche d'humour décalé mais elle reste sympathique et attachante. On regrettera également qu'Azusa Shindô n'apparaisse que dans trois épisodes et ait donc moins de temps de présence et peu d'interactions avec les autres personnages. (Voir la section Bullets pour plus de détails. La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Tenues = 4 / 5
Il convient de féliciter les costumiers car les tenues des différentes héroïnes reflètent bien leurs personnalités et environnements tout en respectant la figure imposée de l'uniforme scolaire.


Armes et accessoires = 3 / 5
Le faible budget se ressent dans le design impersonnel du Bullet Stick, tandis que celui du Psifus est plus élaboré et fonctionnel. Les Bulletas ont un verso soigné mais un recto minimaliste qui se contente d'indiquer les noms des Psifers et des attaques. On a l'impression que le gros des efforts a été investi dans le BB Emblem, très élégant.


Personnages secondaires = 2,9 / 5
Peu nombreux, peu présents et peu développés, ils contribuent néanmoins à étoffer le background des héroïnes.


Antagoniste(s) ≈ 3,2 / 5
Difficile de vraiment juger la XOR Corporation: ses membres ont du potentiel (surtout Jun Kai avec son goût du cosplay qui lui donne de la personnalité), mais comme il était clairement prévu de les développer sur plusieurs saisons, celle-ci se termine alors qu'on ne sait pas grand-chose de leurs personnalités et objectifs et qu'on ignore le sort final de Jun et Kazuhiko Yanagisawa (Sont-ils morts ou ont-ils réussi à échapper à la mystérieuse Ermina?). (La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Décors = 3,5 / 5
Là-aussi, le faible budget se ressent et les locaux de la XOR Corporation ont un aspect impersonnel. Les auteurs tirent cependant avantage de décors préexistants tels que le Jitsubudô Kaikan ou le Maid Bar Eden pour l'Azusa Maid Cafe. On appréciera également l'effort d'utiliser un décor différent pour chaque duel, avec à chaque fois un plan où les deux adversaires se font face en se tenant chacune d'un côté de l'écran, rappelant les visuels des premiers jeux de combat.


Casting ≈ 3,8 / 5
A l'exception de Miku Takaoka dont le jeu catastrophique s'est heureusement amélioré depuis et de Mina Kurata, Rei Yasui et Mary Matsuyama qui sont parfois un peu justes, toutes les actrices sont parfaites. (Voir la section Bullets pour plus de détails. La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Combats = 4 / 5
Bien qu'on remarque que certaines actrices n'ont que peu ou pas d'expérience au combat et qu'on devine que certains mouvements ont été effectués par des doublures, les duels qui ponctuent la série sont d'un bon niveau (Surtout ceux impliquant Ai Yamato, Mina Misato et Hikari Hayata) et très variés, évitant le piège de la répétitivité en alternant entre combats sérieux et humoristiques et entre des affrontements privilégiant le corps à corps et d'autres reposant plutôt sur les pouvoirs ou la stratégie. Autre point positif: chaque participante possède son propre style de combat.


Effets spéciaux = 3,5 / 5
Pas toujours réussis (Mais est-ce vraiment gênant que des effets spéciaux aient un aspect numérique ... dans des scènes censées se dérouler dans un jeu vidéo?) mais d'un niveau correct pour une série à petit budget, ils permettent d'accompagner les pouvoirs des héroïnes par des effets qui leur donnent une identité visuelle.


Musique = 1 / 5
Les auteurs ne se sont pas foulés pour les musiques d'ambiance qui ont été piochées parmi des morceaux libres de droits certes agréables à l'oreille mais impersonnels et pas toujours adaptés aux situations qu'ils illustrent. On note quand même quelques efforts, comme le thème soulignant le côté farfelu de Miku Moroboshi ou celui qui revient à chaque apparition de Jun Kai.


Génériques = 4 / 5
Accompagné du dynamique Rocket Dash interprétée par 有希 (Yûki), le générique de début montre l'affrontement de deux femmes en tenues d'écolières, entrecoupé de plans à l'intérieur d'un tunnel numérique rappelant le générique de Gridman. Même si aucune des deux combattantes n'apparaît dans la série, ce générique en reflète bien le thème. (Chanson = 5 / 5, Images = 4 / 5, Moyenne = 4,5 / 5)


Accompagné du fort agréable こころ に 咲く 花 (kokoro ni saku hana) = Une fleur qui fleurit en un cœur interprété par trois actrices de la série (Kaya Hioki, Hikari Yamaguchi et Jun Kojima), le générique de fin, très fanservice et curieusement en 4/3 alors que la série est en 16/9, montre les héroïnes s'amusant à la piscine. Il s'agit probablement d'une scène "in universe" où elles fêtent la fin du tournoi, comme l'indiquent l'absence de Ryô Hibino et l'avant-dernier plan où Kaya Hokuto et Mary Minami sont réunies, prédisant la révélation du dernier épisode. (Chanson = 4 / 5, Images = 3 / 5, Moyenne = 3,5 / 5)

Note finale = 14,4 / 20
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