Année : 2008
Genre : C'est l'heure du contact!
Durée : 9 épisodes (Contacts) de 13 min.
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A l'heure où je rédige cet article, nous sommes en 2015, ce qui veut dire que l'année prochaine, le Japon organisera un tournoi national faisant s'affronter des lycéennes en uniforme sur fond de réalité virtuelle, de théorie du complot et de cartes activant des pouvoirs spéciaux. C'est en tout cas ce que nous prédit la série "Bit Bullet".


Le générique d'intro montre deux combattantes qui n'apparaîtront pas dans la série, tandis que le générique de fin montre...


ALERTE FANSERVICE! ALERTE FANSERVICE!

En 2010 (la série date de 2008, époque où c'était encore le futur), la XOR Corporation met au point un système révolutionnaire de réalité virtuelle à partir duquel elle développe un jeu de combat baptisé "Bit Bullet" qui remporte un succès phénoménal. Par la suite, la XOR améliore le jeu avec l'Elice System qui, grâce à un système de visualisation miniaturisé sous forme de lentilles de contact, permet aux joueurs de se connecter au jeu n'importe où pour une immersion totale.


Et quand je dis "immersion"...

En 2016, la XOR organise un tournoi national féminin de Bit Bullet promettant à la lauréate une grosse somme d'argent, la réalisation d'un souhait dans les limites du faisable et le financement de ses études. Oui, études car la condition sine qua non pour participer au tournoi est d'être née le 29 février 2000 (Et tant pis si, parmi les actrices qui incarnent les participantes, certaines ont quatre ans d'écart). Evidemment, la promesse d'une telle récompense ne peut qu'attirer les candidatures et la XOR en enregistre près de 700 venant des quatre coins du Japon, mais à l'issue d'une présélection drastique, il ne reste plus que 12 concurrentes, surnommées "Bullets". Néanmoins, on n'en verra que 10 au cours de la série, chacune portant le même prénom que son interprète (voir la section "Bullets").


Au dojo de son père, la karatéka Ai est invaincue.


Suivant!


C'est pas nous!


Quand Ai perdra le tournoi, son père prendra la chose avec dignité.

Une fois qualifiée, chaque Bullet reçoit la visite de la mystérieuse Jun Kai qui lui tient des propos sibyllins tout en lui remettant une carte de participante mentionnant le nom de sa première adversaire. Jun a d'ailleurs l'étrange habitude de porter un cosplay différent à chaque fois qu'elle contacte une Bullet. Si au début de la série, ces cosplays sont plutôt logiques (un judogi pour contacter une karatéka, un uniforme d'écolière dans un campus), les suivants sont nettement plus WTF et on la voit contacter les Bullets habillée en sorcière ou en pirate.


Félicitations: vous avez été sélectionnée.


Les règles du tournoi? C'est pas sorcier!

Chaque Bullet possède une matraque ("bullet stick") et un badge ("BB emblem") et quand l'une d'elle croise son adversaire désignée, elles croisent leurs bullet sticks en criant "Contact!" pour se retrouver aussitôt projetées dans le jeu, revêtues de leurs tenues de combat... qui sont en fait des uniformes d'écolières. Fétichisme, quand tu nous tiens...


Contact! (Notez au passage les passants qui ne les remarquent même pas. Le flegmatisme nippon m'impressionnera toujours.)


Les duels sont diffusés en direct sur le net.


Et les employés de la XOR suivent leur déroulement de près.


Y aurait-il un bug dans la matrice?

Est déclarée victorieuse la participante qui parvient à toucher le BB emblem de son adversaire avec son bullet stick. Pour y parvenir, les deux Bullets s'affrontent au corps à corps mais utilisent aussi les bulletas, des cartes qui, une fois glissées dans leur bracelet (Psifus) leur permettent d'activer des pouvoirs spéciaux (Psifers). On sent l'influence de Yu-Gi-Oh! (Ou de Kamen Rider Ryuki qui était lui-même inspiré de Yu-Gi-Oh!) Chaque Bullet utilise un psifer différent et à l'issue de chaque duel, la gagnante récupère la bulleta – et donc les pouvoirs – de son adversaire.


C'est l'heure du dududududuel!


Game over!

Chacun des neuf épisodes de la série est consacré à un duel (appelé "contact"). D'ailleurs, si vous achetez la série en DVD, évitez de regarder la liste des épisodes au dos des jaquettes, à moins de vouloir vous spoiler les noms des gagnantes successives. N'allez cependant pas croire que la série soit répétitive: certains combats reposent essentiellement sur le corps à corps tandis que d'autres sont plus axées sur les pouvoirs et/ou la stratégie. Il faut dire aussi que si certaines actrices ont une formation évidente de combattante, ce n'est pas le cas de toutes. Quant à leurs talents de comédienne, là aussi, toutes ne sont pas logées à la même enseigne et malgré toute la sympathie que j'éprouve pour Miku Takaoka, il faut bien avouer que son jeu d'actrice est absolument catastrophique.


La technique de combat de Miku est pour le moins... Comment dire?


C'est le mot, en effet.


Mais nettement moins que sa cuisine...


...ou ses méthodes d'entraînement. (Ce n'est pas évident sur une capture d'écran, mais elle est en train de faire courir Kaya à reculons autour du poteau)

Si certains combats privilégient l'action, d'autres sont beaucoup plus humoristiques, en particulier ceux impliquant Kaya Hokuto. Le scénario gère d'ailleurs bien l'évolution du personnage qui, de combattante maladroite et inexpérimentée devant ses victoires à la chance ou à la coopération de ses adversaires, gagne en assurance et en efficacité à mesure qu'elle progresse dans le tournoi.


Croyez-le ou non, mais cette prise de catch de Kaya résulte d'un concours de circonstance.


La musique adoucit les mœurs.


Hiiiiiiighway to hell!

Mais attention: la série est loin de se résumer uniquement à des affrontements d'adolescentes en tenues d'écolières. Chaque participante possède un background très détaillé et certaines ont même leur propre sous-intrigue développée au cours de la série. Par exemple, Rie Otori participe à Bit Bullet tout en utilisant ses talents de hacker pour découvrir les réelles intentions de la XOR derrière le tournoi. Car beaucoup de mystères entourent cette compétition qui pourrait être bien plus qu'un simple événement promotionnel: Pourquoi la date de naissance des participantes est-elle si importante? Pourquoi certaines Bullets semblent capables d'utiliser leurs pouvoirs en dehors du jeu? Quel jeu joue Jun? Qui est Ryô, cette écolière qui observe les duels en cachette tout en transmettant à la XOR des informations sur les participantes? Même chose pour Kaguya, cette jeune fille dormant dans une cuve des sous-sols de la XOR? Et quel rapport avec de l'ADN extraterrestre découvert sur le site de Tunguska (lieu d'un impact de météore particulièrement dévastateur ne cessant de stimuler l'imagination des scénaristes et des théoriciens du complot)?


La mystérieuse Ryô tient les participantes à l'œil.


Ryô était en fait un robot!


Un trucage simple mais efficace.


Sauf pendant les high-kicks, évidemment.


Les fans de la franchise Wecker reconnaîtront au passage Ryô Shihono et Ai Hazuki, deux actrices qui avaient déjà été réunies l'année précédente dans "Wecker Signa".

Si une bonne partie de ces questions trouvent une réponse, la série se termine de façon ouverte sur le réveil de Kaguya tandis que Jun et l'organisateur du tournoi sont (apparemment) éliminés sur ordre de leurs supérieurs. Les auteurs avaient en effet l'intention de développer "Bit Bullet" sur plusieurs saisons mais la série n'ira pas au-delà de la première. Malgré cette fin ouverte, la conclusion apporte suffisamment de réponses et résout suffisamment de sous-intrigues pour ne pas être frustrante et laisse quand-même l'impression d'avoir suivi une histoire avec un début, un milieu et une fin.


Comprenant qu'elles sont manipulées, les participantes viennent demander des comptes aux dirigeants de la XOR.


Vous ne passerez pas!


C'est la bagarre qu'elle veut?


Alors on va en profiter pour disputer la finale du tournoi!


Et si au lieu de suivre la finale, elles en profitaient pour trouver l'organisateur du tournoi? Après tout, c'est ce qu'elles étaient venu faire à la base.


D'autant qu'au même moment, ledit organisateur a comme un besoin urgent d'assistance.


Tiens? Voilà les carabinières d'Offenbach!

Néanmoins, on ne peut s'empêcher de se demander quelles étaient les intentions des auteurs pour la saison 2. Prévoyaient-ils de mettre en scène des concurrentes différentes à chaque saison? Ou bien la saison 2 aurait-elle opposé les héroïnes de la saison 1 à de nouvelles adversaires?


La dormeuse...


... doit se réveiller!

Ceci-dit, si "Bit Bullet" n'a jamais eu de saison 2, elle a quand même eu une suite appelée "Ballet Riverse", sortie en 2011 et se déroulant en 2021. Une différence de taille: il s'agit cette fois... d'une série porno! Je vous rassure, les actrices y sont beaucoup plus âgées. Le seul personnage commun est même incarné par une autre actrice (au demeurant très ressemblante, si j'en crois les visuels). Vous comprendrez donc que, même pour vérifier si cette suite développe les questions laissées en suspens par la série d'origine, j'hésite quelque peu à la visionner.


Il semble toutefois en exister une version débarrassée des séquences olé-olé. Je vais donc peut-être prendre le taureau par les cornes? (ADDENDUM : La réponse est oui!)

Mais en attendant, concentrons-nous sur cette première série qui constitue une très agréable surprise: loin de se limiter aux duels de super-lycéennes annoncés par son pitch de départ, "Bit Bullet" développe des héroïnes attachantes et bien caractérisées ainsi que des sous-intrigues passionnantes, le tout dans un mélange d'action, d'émotion, de mystère et d'humour savamment dosé. Il est donc d'autant plus dommage que la saison 2 annoncée n'ait jamais vu le jour, mais ne boudons pas notre plaisir: cette unique saison est très agréable à suivre et sa conclusion demeure satisfaisante même si certaines questions resteront à jamais sans réponses (Ou alors dans "Ballet Riverse"?).


On attend toujours...


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