Année : 2008
Genre : Honey flash pour le jour, Honey flash pour la nuit.
Durée: 25 épisodes de 24 min + 1 épisode spécial disponible uniquement sur le dernier DVD.

Acheter la série : Amazon , Cdjapan, Yesasia, Yahoo Auctions, Celga

Si les héroïnes transformistes qui changent de tenue comme de chemise sur un simple coup de baguette magique sont légion au Japon, bien peu atteignent la popularité de CUTIE HONEY. Le fait que chacune de ses transformations passe par la case "tenue d'Eve" n'y est sans doute pas étranger.


Honey flash !

Cutie Honey est une création du prolifique Go Nagai, qu'on connait surtout en France comme le créateur de Goldorak, ce qui équivaut à résumer la carrière de Bethoven aux huit premières notes de sa 5eme Symphonie (TatataTOM! TatataTOM!). Il faut cependant avouer que, hormis le célèbre robot géant, la plupart des séries adaptées de son oeuvre sont longtemps restées inédites en France, ou alors diffusées de manière quasi-confidentielle.


C'est trop triste !

Ainsi, la première adaptation en dessin animé de Cutie Honey (rebaptisée Cherry Miel pour la VF), fut diffusée pour la première fois en France en 1988, soit 15 ans après sa création, et à un créneau horaire peu approprié. En effet, à l'époque, les studios achetaient les DA japonais en masse en n'ayant le plus souvent qu'une vague idée du contenu (quand ce n'était pas aucune idée du tout). Pour Cutie Honey, ils partirent du principe qu'un DA dont le personnage principal était une fille ne pouvait s'adresser qu'à un public féminin et le diffusèrent donc au milieu des séries destinées aux plus jeunes. Déjà, pour le générique, on est passé de ça:


À ça:


Pas vraiment la même chose, n'est-ce pas? Mais en plus, je vous laisse imaginer la tête qu'ont du faire les jeunes spectateurs de l'époque qui s'attendaient à suivre les mésaventures d'une pauvre petite orpheline et se sont retrouvés, dès le premier épisode, devant une héroïne exhibitionniste malgré elle participant à des combats ultraviolents à l'arme blanche quand elle ne devait pas échapper aux avances d'une prof lesbienne!


Voilà ce qui arrive quand on ne surveille pas ses arrières ! (Heureusement, la censure veille !)

Outre le DA de 1973, Cutie Honey a connu d'autres adaptations sous forme d'OAV dans les années 90, puis en film live, et enfin, avec la série live qui nous intéresse ici et qui reprend les bases du manga d'origine: Cutie Honey est une pulpeuse androïde d'apparence humaine capable de se transformer à volonté grâce au H.O.N.E.Y. System installé dans son corps robotique, et affrontant l'organisation criminelle Panther Claw qui est prête à tout pour mettre la main sur ce système.


J'ai dit "sur ce système"!

Plusieurs changements sont cependant à l'ordre du jour, le plus important étant l'adjonction de deux "soeurs" à Cutie Honey. En effet, au cours de la série, Honey fera la connaissance de deux jeunes filles, Miki et Yuki, partageant les mêmes groupe sanguin et date de naissance qu'elle, et surtout, ayant les mêmes pouvoirs. La découverte du lien entre les trois héroïnes constituera l'un des principaux fils narratifs de la série.


Honey et ses soeurs.

Les adversaires de Cutie Honey sont eux aussi différents de ceux du manga, Panther Claw devenant une organisation mixte dirigée par autant d'hommes que de femmes. La série live faisant l'impasse sur la formule un épisode – un ennemi, exit les femmes-panthères que Honey affrontait à chaque épisode, à l'exception de Karasugawa qui n'est même pas une adversaire de Honey mais de Miki.


Et oui, dès sa naissance, Cutie Honey était déjà exhibitionniste.

D'ailleurs, et c'est le principal point qui aura fait tiquer les fans, la Cutie Honey de la série live, en plus d'être devenue une ravissante idiote, brille par son manque d'efficacité au combat. Oh, elle n'a aucun mal à terrasser les sbires de Panther Claw, mais dès qu'elle se retrouve face à un de ses quatre dirigeants, c'est la raclée assurée.


En garde !


Oh, oh !


Bobo !

Et pourtant, cette faiblesse de l'héroïne par rapport à ses précédentes incarnations est parfaitement normale si on considère cette série comme une préquelle du manga. Le terme "reboot" serait sans doute plus approprié vu qu'il persiste certaines différences (Seiji n'est pas un journaliste mais un détective, le professeur Kisaragi est mort depuis longtemps quand la série débute et il n'a pas été tué par Panther Claw), mais à bien y regarder, on est bien en présence d'une nouvelle origine: la série explique en effet comment la Honey faiblarde des débuts est devenue la guerrière invincible que l'on connaît. D'ailleurs, l'épilogue (ouvert) montre une Honey désormais en pleine possession de ses moyens affrontant une nouvelle faction de Panther Claw comprenant des soldats dont les uniformes rappellent ceux du manga, et surtout une panthère-garou très semblable aux adversaires de la Honey de papier.


Il n'y a qu'une seule Cutie Honey.


Méfiez-vous des contrefaçons.


Oh !


My !


God !

Ainsi, Cutie Honey – The Live s'éloigne largement du manga d'origine pour y retourner à la toute fin. Trahison? Oui, mais pour le meilleur. Une adaptation littérale d'un manga datant des années 70 nous aurait donné une série fun mais kitsch. En s'adaptant aux codes des séries actuelles, les auteurs nous livrent un scénario très "character-driven" où l'accent est moins mis sur les scènes de combat (pourtant bien présentes) que sur les personnalités des différents personnages et leurs relations complexes faites de manipulations, d'alliances et de trahisons. Les coups de théatre abondent, et les personnages subissent des évolutions souvent surprenantes mais toujours cohérentes. CUTIE HONEY – THE LIVE n'est donc pas le nanar volontaire auquel on pouvait s'attendre au vu du concept de départ, mais bien une des meilleures séries live de ces dernières années.


Veuillez nous excusez pour cette interruption momentanée de nos programmes.


Toku-Actrice(s) :