Année : 1991
Pays : USA
Catégorie(s) : Anthologie, Comédie, Guerre, Horreur, Policier.
Genre : Trouille triplée.
Acheter la série : Bien qu'il existe des DVD français de ces épisodes (Amazon, Ebay), le dernier est absent, les autres sont dans le désordre et il n'y a aucun bonus. On préférera donc l'édition US (Amazon, Ebay) qui est zone free, sous-titrée malgré l'absence de VF et bénéficie de nombreux bonus: le clip de Crypt Jam, un reportage sur la saison et la conférence du panel du Comic Con consacré à la série. En outre, les menus sont animés par des séquences inédites du Crypt-Keeper dans une salle de montage (Le menu principal utilise la même séquence sur tous les DVDs mais ceux des épisodes ont chacun droit à leur propre séquence).



LA SÉRIE


Après le succès mérité des deux première saisons de Tales from the Crypt, c'est avec sérénité que ses auteurs peuvent enchaîner sur une troisième et même envisager un spin-off inspiré d'autres récits d'EC comics n'appartenant pas aux genres policier et horrifique.


Silence, on tue!

Cette fois encore, les épisodes de cette série anthologique optent pour la fidélité aux récits d'origine tout en leur apportant des changements pertinents. Ainsi, comme dans les deux saisons précédentes, des protagonistes qui étaient d'innocentes victimes dans la version comics deviennent des personnages plus antipathiques afin de rendre leur sort final mérité. Après tout, il est bien plus satisfaisant de voir un parfait connard exécuté pour son propre meurtre après s'être fait passer pour mort afin de toucher une assurance-vie que quand ça arrive à un sympathique loser dupé par ses complices.


Tous ses projets viennent de partir en fumée!


Sa veuve est clairement inconsolable.

Inversement, des personnages foncièrement mauvais sont rendus plus ambivalents. C'est le cas avec Top Billing qui établit son anti-héros comme un acteur talentueux mais fauché car son physique quelconque l'empêche d'obtenir des rôles, au point de se retrouver à la rue après avoir été lâché par son impresario et sa petite amie, ce qui rend compréhensible que, dans l'espoir d'obtenir un rôle qui est désormais pour lui une question de survie, il tue un rival qui connaissait le succès grâce à sa photogénie inversement proportionnelle à son talent.


Le fait que son impresario n'est autre que l'infirmière Ratched …


… serait-il un foreshadowing du twist final?

On a aussi parfois des modernisations bienvenues, comme avec Undertaking Palor dont les jeunes héros deviennent des geeks doublés de vidéastes amateurs. Ajoutez à cela qu'entre la photographie et les références pop culturelles, l'intrigue se déroule clairement dans les 80s et l'épisode a des faux airs de Stranger Things avant l'heure.


C'est Surprise Sur Prise!


Et je m'en serais tiré si ces gamins ne s'en étaient pas mêlés.

Il y a aussi des cas où les scénaristes modifient la chute de l'histoire, la remplaçant par une bien meilleure (Carrion Death, The Reluctant Vampire) ou la conservant tout en y ajoutant un surcroît de sadisme (Loved to Death, Abra Cadaver).


Ce chercheur combine technologie moderne …


… et méthodes traditionnelles.

Malheureusement, il y a deux cas où les modifications apportées aboutissent à d'énormes ratages. Le premier concerne Dead Wait. Dans le récit d'origine, l'anti-héros consacrait des années à gagner la confiance de sa victime avant de la tuer pour s'emparer de sa précieuse perle noire, sans se rendre compte que son complice faisait de même avec lui pour obtenir sa tête à laquelle ses cheveux roux conféraient une immense valeur au sein de sa tribu. Ici, l'intrigue est condensée sur deux-trois jours, faisant perdre tout son sens au titre, annihilant le parallèle entre le tueur et son complice et rendant la chute bancale et mal justifiée.


On peut donc dire qu'elle est tirée par les cheveux.

Le deuxième ratage concerne Deadline. Dans la version comics, un journaliste has-been qui recherche désespérément un scoop qui sauverait sa carrière assiste à un meurtre et, découvrant que la victime a survécu, la tue lui-même pour pouvoir écrire son article avant de réaliser qu'il s'agissait de la femme qu'il aimait. Dans l'adaptation, il la tue en parfaite connaissance de cause et, alors que tout porte à croire qu'il a commis un crime parfait, la scène finale le montre dans un asile de fous sans la moindre explication.


Il y a de quoi devenir dingue!

Comme dit en introduction, les producteurs de la série avaient envisagé de créer un spin-off intitulé Two-Fisted Tales qui aurait adapté les récits de guerre et d'action d'EC. Ils avaient même réalisé trois épisodes compilés en un téléfilm à sketchs. Le téléfilm en question n'ayant guère suscité d'intérêt lors de sa diffusion, le projet ne se concrétisa finalement pas et les épisodes réalisés furent finalement intégrés à Tales from the Crypt, à commencer par le pilote, Yellow, qui constitue le dernier épisode de cette troisième saison. Il est malheureusement inédit à la télévision française, d'un part à cause de sa durée (40 minutes) et surtout parce que Two-Fisted Tales était coproduit par Canal + et son contenu ne pouvait donc être diffusé sur les chaînes du groupe M6. C'est dommage car ce récit de guerre antimilitariste à la conclusion ultra-cynique est un des meilleurs épisodes de la saison, d'autant plus que son statut de pilote lui permet de bénéficier d'énormément de moyens pour ses décors et ses scènes de bataille, ainsi que d'un casting cinq étoiles avec - excusez du peu! - Dan Akroyd, Lance Henriksen, Kirk Douglas et son fils Eric.


Pourquoi je suis pas aussi connu que mon frère Michael, papa?


Un épisode tout en poésie et en délicatesse.


Ou pas.


Ils sont assez précis sur la date.


Mais beaucoup plus vagues sur le lieu.

Car le casting est une nouvelle fois un des points forts de la série et on voit se bousculer les noms célèbres, aussi bien devant que derrière la caméra. Parfois même les deux, puisque comme Schwarzenegger avant lui, Michael J. Fox fait ses premiers pas de réalisateur avec The Trap dans lequel il incarne un procureur.


Objection: c'est pas le pied!


Paul Atréides a oublié son distille.


Superman IV n'est plus le film le plus embarrassant de la carrière de Mariel Hemingway.


Malcolm McDowell a beau incarner un vampire …


… il a encore des séquelles du traitement Ludovico.


Est-ce prudent de confier la mise en scène à Gomez Addams?


Si on me coupe au montage, ça va saigner.

Pour le reste, la série étant toujours diffusée sur HBO, elle n'a aucun problème de censure et si les précédentes saisons lésinaient sur les effets gores, celle-ci se lâche complètement en faisant péter le jéroboam d'hémoglobine!


Un peu d'auto-promo au passage.


À force de se mettre martel en tête, ça devait arriver.


Attention, chérie, ça va couper.


Un cadavre au dessert.


Ces deux amants ont la tête ailleurs.

Et elle se permet même un peu de sexe et de nudité par ci, par là.


Alors? Heureuse?


Madame Dixon, est-ce que vous essayez de me séduire?


Manqué-je à ce point de subtilité?


Cette fausse morte vivante est jouée par l'ancienne Playmate Tina Bockrath.


Ancienne Playmate? Je savais bien que sa tête me disait quelque chose.


Sa tête? Mon œil!


Coupez! Elle est bonne, on la garde.




BILAN


Concept = 5 / 5
Tales from the Crypt continue sur sa lancée de série anthologique compilant des histoires à chutes alternant entre les genres policiers et horrifiques, mais aussi guerrier pour le dernier épisode.



Histoires ≈ 3,9 / 5
Malgré les deux gros ratages que sont Dead Wait et Deadline, la série continue d'adapter efficacement les récits originaux en jouant la carte de la fidélité tout en leur apportant des modifications pertinentes qui ne font que les améliorer. (Voir la section Épisodes pour plus de détails. La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)



Humour = 5 / 5
L'humour noir est toujours présent mais on a aussi droit à des épisodes ouvertement humoristiques comme The Reluctant Vampire ou Spoiled.



Narrateur = 5 / 5
Multipliant les calembours macabres et les déguisements (au point de ne jamais porter ce qui était sa tenue de base dans les deux premières saison), le Crypt-Keeper continue d'animer d'excellentes séquences d'introduction et de conclusion.



Personnages = 5 / 5
Meurtriers ambivalents (Barry Blye, Jack Craig), méchants promis à une punition karmique (Steve Dixon), protagonistes avec suffisamment de défauts pour que leur sort aussi final que funeste paraisse mérité (Lou Paloma, Dale Sweeney), héros sympathiquement décalés (Donald Longtooth, Janet)... ils sont tous excellents et mémorables, même dans les mauvais épisodes.



Casting = 5 / 5
Cette saison bénéficie d'un casting 5 étoiles et constitue un véritable défilé d'acteurs connus, voire prestigieux.



Monstres = 5 / 5
Peu de monstres dans cette saison, mais les maquillages des goules sont une réussite!



Décors = 5 / 5
Un sans-faute avec une mention spéciale pour ceux de Yellow.



Effets spéciaux = 5 / 5
Cette saison se lâche complètement sur les effets gores et ils sont impressionnants de réalisme.



Couvertures ≈ 2,4 / 5
Elles sont toujours assurés par Mike Vosburg et si certaines sont excellentes, il est malheureusement assez facile de deviner celles pour lesquelles l'histoire ne l'a pas inspiré tant elles sont ratées et/ou impersonnelles. On regrettera également les cas où elles spoilent la conclusion (Carrion Death) ou trompent le spectateur en représentant une scène qui n'existe pas (Il n'y a aucun duel à la hache dans Split Second). (Voir la section Couvertures pour plus de détails. La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)



Musiques = 5 / 5
Les épisodes continuent de bénéficier de musiques d'ambiance aussi excellentes qu'appropriées et parfois signées par des compositeurs prestigieux comme Alan Silvestri ou Brian May.



Générique(s) ≈ 4,8 / 5
Accompagné de l'excellent thème de Danny Elfman, le générique de début, filmé en caméra subjective, nous guide à travers une vieille demeure abandonnée jusqu'à un passage secret menant à une crypte et à un cercueil dont un Crypt-Keeper ricanant jaillit tel un diable de sa boîte tandis qu'un liquide verdâtre coule sur l'écran pour faire apparaître le titre. Contrairement aux deux précédentes saisons, il est inclus dans la version DVD. (Thème = 5 / 5, Images = 5 / 5, Moyenne = 5 / 5)


Fort logiquement, le générique de fin nous fait faire le chemin inverse mais - je vais faire mon pinailleur - la caméra subjective donne l'impression qu'on quitte la maison ... à reculon. (Thème = 5 / 5, Images = 4 / 5, Moyenne = 4,5 / 5) (La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)




NOTE FINALE = 18,7 / 20