Année : 2013
Pays : USA
Catégorie(s) : Arrowverse, Aventure, Policier, Super-héros.
Genre : The arrow rises

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LA SÉRIE


Un schéma narratif récurrent est celui du "rise and fall and rise again" où le héros part du sommet et chute pour se retrouver au fond du trou avant de se ressaisir, se reconstruire et retrouver sa position d'origine. Rocky 3 en est un bon exemple. Mais ce n'est pas toujours aussi simple et il arrive parfois que même après avoir touché le fond, le héros découvre qu'il peut tomber encore plus bas. La saison 2 d'Arrow en est un bon exemple.


La ville aussi a besoin de se reconstruire.

En effet, si vous vous en souvenez, la saison 1 s'était très mal terminée pour Oliver Queen alias The Hood et son entourage: il avait échoué à empêcher l'Undertaking et la destruction d'une partie des Glades (Certains spectateurs y ont vu une référence à la saga No Man's Land de Batman mais je pense que c'est plutôt inspiré du controversé Cry For Justice), son meilleur ami Tommy Merlyn y avait trouvé la mort, sa mère Moira avait été arrêtée pour sa participation et l'inspecteur Quentin Lance avait été rétrogradé au rang de simple agent pour son association avec le justicier.


Voyons le bon côté des choses: je ne pourrai pas tomber plus bas.


Ah si, tiens, je pouvais.

On comprend donc qu'après un tel échec critique, Oliver s'impose un nouvel exil sur l'île de Lian Yu où, 5 mois après la tragédie, ses amis John Diggle et Felicity Smoak viennent le chercher pour lui expliquer que c'est bien joli de déprimer mais que pendant ce temps, Starling City a besoin de lui sous ses deux identités.


Sachant qu'ils se rendent sur l'île en parachute, il faut espérer pour eux qu'Oliver a conservé un moyen de rejoindre la civilisation.


Il était temps de le retrouver: il est retourné à l'état sauvage.


Son absence a laissé un trou dans Starling City.

Déjà, l'implication de sa mère dans l'Undertaking a considérablement nui à l'image de la compagnie familiale Queen Consolidated qui est au bord d'une O.P.A. de la part d'Isabel Rochev, l'inexpressive vice-présidente des acquisitions de Stellmoor International. Grâce à une aide financière de son ex-beau-père Walter Steele, Oliver parvient à acquérir in extremis la moitié des parts de sa société tandis que l'autre est détenue par Rochev, les amenant à la diriger en binôme.


Quand la première chose qu'on dit d'un personnage est qu'elle a l'air en colère sur chacune de ses photos, le minimum est de prendre une actrice qui sait exprimer au moins la colère.


Jeu: Devinez quelle émotion est en train d'exprimer Isabel Rochev.

Ensuite, ses activités de justicier ont fait des émules et inspiré les Hoods, un groupe réunissant des personnes mutilés ou ayant perdu des proches lors de l'Undertaking et qui ont repris son nom de guerre et sa croisade contre les criminels en col blanc mais avec des méthodes beaucoup plus radicales, abattant le maire et menaçant de s'en prendre, ironie suprême, à la compagnie et à la famille de celui qu'ils ignorent être leur modèle.


L'occasion pour Oliver et Felicity de se la jouer Die Hard.


Tire pas sur mon mec!


Contrairement à Oliver, les Hoods ont compris l'intérêt de porter un masque pour protéger leur identité.


Hmmm… Je devrais peut-être en faire autant.


Ironiquement, alors qu'il s'est enfin décidé à mettre un masque, Oliver devient allergique au rasoir et est de moins en moins souvent filmé dans la pénombre, rendant moins plausible le fait que ses proches ne le reconnaissent pas.

Comprenant que Starling City a plus que jamais besoin d'un protecteur, Oliver Queen reprend ses activités superhéroïques et, comme les Hoods ont quelque peu sali son nom de guerre, adopte enfin le surnom d'Arrow (Flèche), même si la police continue de le surnommer The Vigilante (Le Justicier). Il décide également de changer ses méthodes et se promet d'honorer la mémoire de Tommy Merlyn en ne tuant plus ses adversaires.


Plus facile à dire qu'à faire, face à des ennemis de plus en plus sadiques et dangereux.


S'il arrête de tuer, il va falloir construire de nouvelles cellules.


Par contre, il n'a rien promis concernant la torture.

Oliver n'est heureusement pas seul face à l'adversité car Canary, une mystérieuse justicière spécialisée dans les criminels s'en prenant aux femmes, fait son apparition à Starling City. Si les spectateurs fans de comics s'attendent à découvrir l'ex-avocate devenue assistante du procureur Laurel Lance sous son masque et sa perruque, ils sont rapidement détrompés en voyant les deux personnages ensemble et ont une surprise de taille quand Oliver arrive à la démasquer, révélant qu'il s'agit en réalité de Sara, la sœur de Laurel qu'on croyait morte lors du naufrage du Queen's Gambit. On apprend ainsi qu'elle a été recueillie à bord de l'Amazo et a retrouvé Oliver sur Lian Yu avant d'être à nouveau présumée noyée lors d'un second naufrage (Si elle ne devient pas aquaphobe après ça!).


C'est fou ce qu'elle a changé en une seule saison!


Une référence à Titanic? Où ça?


Foreshadowing?


L'histoire se répète.

Cette fois encore, elle a survécu et a été re-recueillie par Nyssa al Ghul qui l'a conduite à Nanda Parbat où elle a suivi un entraînement pour rejoindre la Ligue des Assassins (Je vous laisse deviner leur activité principale) mais, de plus en plus écœuré par les meurtres qu'on lui demande de commettre, elle quitte l'organisation et retourne à Starling City pour s'assurer que sa famille a survécu à l'Undertaking.


La charte de la Ligue des Assassins n'incluant pas la démission, Nyssa part à sa recherche.


Hou, les amoureuses-heu!


Ah non, tu vas pas me faire le coup de mourir une troisième fois!

Même s'il n'est pas incohérent avec la saison 1 (On savait qu'Oliver cachait à ses proches ce qu'il avait vécu sur Lian Yu et il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il ait dissimulé la réapparition de Sara qu'il croyait de toute façon morte ensuite), son retour parmi les vivants et son changement d'actrice peuvent surprendre et pour mieux les comprendre, il faut se pencher sur les coulisses de la série. En effet, à en croire la rumeur, l'interprète de Laurel, Katie Cassidy, était insupportable sur le plateau, pensant que les producteurs ne pouvaient pas la virer car elle était destinée à devenir Black Canary, un personnage majeur de la mythologie de Green Arrow. Du coup, afin de la calmer, on transfère cette identité sur sa sœur qu'on ramène d'entre les morts en remplaçant l'actrice d'origine par une autre plus athlétique et pratiquant les arts martiaux, donc plus apte à jouer les justicières badass. Une manière de dire à Katie: "T'as vu? On peut très bien se passer de toi, alors maintenant, tu te calmes si tu ne veux pas que ton personnage passe sous un train!"


En matière d'abdos, elle n'a rien à envier à ses confrères masculins.


Canary va leur voler dans les plumes!

D'ailleurs, on a à peine l'impression que les scénaristes règlent leurs comptes avec l'actrice quand on voit tous les malheurs qui tombent sur la pauvre Laurel! Déjà, elle se retrouve souvent dans des situations qui la rendent antipathique: dans les premiers épisodes, elle traque Arrow qu'elle rend responsable de la mort de Tommy, puis est obligée - certes à contre-cœur - d'instruire le procès de Moira Queen en réclamant la peine de mort, avant de piquer sa crise en découvrant que sa sœur est vivante mais l'avait caché à sa famille. Et comme si ça ne suffisait pas, elle devient alcoolique et dépendante aux médicaments sur ordonnance avant d'être radiée du barreau, sans oublier diverses tentatives de meurtres de la part des criminels locaux. À ce stade, on se demande ce qui retient les scénaristes d'ajouter une tumeur au cerveau et un viol collectif! Bon, pour leur défense, son parcours participe à la thématique du "rise and fall and rise again" de la saison qu'on retrouve chez plusieurs personnages récurrents (Quentin Lance rétrogradé, Moira Queen qui risque la peine de mort, Sara Lance qui veut échapper à sa condition de tueuse, et je parlerai plus loin des cas de Thea Queen et de Roy Harper) et comme la plupart d'entre eux, elle finira par surmonter ces épreuves et remonter la pente.


En attendant, elle boit pour oublier que les scénaristes la détestent.

Comme la précédente, cette deuxième saison raconte en parallèle les aventures d'Oliver dans le présent et celles survenues 5 ans plus tôt sur Lian Yu, à la différence près que cette fois, les deux intrigues sont liées et tournent autour du Mirakuru, une drogue développée par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale pour créer une armée de super-soldats et dont le sous-marin qui contenait les seuls échantillons a échoué dans un lac intérieur de Lian Yu. Même si ce n'est pas le même éditeur, l'inspiration du sérum du super-soldat qui a donné ses pouvoirs à Captain America est évidente, mais on peut aussi y voir une référence au Miraclo, une drogue de l'univers DC qui dote le justicier Hourman de capacités physiques accrues pendant 1 heure. Ce produit est convoité par le Dr Anthony Ivo qui est prêt à tout pour l'obtenir ou le recréer, n'hésitant pas à mener des expériences sadiques sur les prisonniers qu'il détient sur son bateau, l'Amazo (Oui, celui qui a recueilli Sara), lequel pourrait représenter un ticket de sortie pour Oliver et ses compagnons d'infortune, Slade Wilson et Shado, à condition de neutraliser Ivo et son équipage de pirates modernes.


Comme l'indique l'épave visible dans la scène d'intro du premier épisode, ils n'ont pas réussi.


En plus d'être un savant fou, Ivo est malpoli: on ne montre pas du doigt!


Ça lui apprendra!


Habile transition entre les deux époques.

Ça, c'est pour le passé, mais dans le présent, un homme dissimulant son identité sous un masque tribal ridicule cherche lui-aussi à recréer la formule du Mirakuru en la testant sur des criminels et des habitants des Glades.


Essai N°1874.


Caramba, encore raté!

En voulant enquêter sur une des victimes, Roy Harper, le boyfriend de la sœur d'Oliver, Thea, devient lui-même un cobaye et se retrouve avec une force surhumaine mais aussi des accès de violence incontrôlables qui obligent Arrow à lui révéler sa véritable identité et à le prendre sous son aile pour lui apprendre à contrôler sa colère tout en lui demandant de rompre avec Thea pour ne pas la mettre en danger.


Arrow a désormais un sidekick ...


... à qui il apprend à contrôler sa colère.


C'est pas gagné!


Oscar du plan foireux pour rompre avec sa copine: faire semblant de la tromper avec une de ses employées.

Quant au responsable de son état, le spectateur découvre rapidement que sous son masque se cache Sebastian Blood. En apparence, un philanthrope aimé du peuple et briguant le fauteuil du maire, il est en réalité un individu arriviste et sans scrupules qui n'a pas hésité à assassiner son père avant de faire interner sa mère. Sebastian Blood, alias le chef religieux Brother Blood, étant un super-vilain majeur de l'univers DC, les spectateurs s'attendent donc à ce qu'il soit l'antagoniste principal de cette saison.


Une référence que seuls les fans de comics capteront: Bethany Snow, qui débute dans cette saison, est dans l'univers DC une complice de Brother Blood utilisant sa position de journaliste pour manipuler l'opinion en diffusant de fausses informations.

Mais en réalité, les scénaristes nous font le coup du Mandarin dans Iron Man 3: mettre en avant un super-vilain majeur des comics pour révéler ensuite qu'il sert de façade au véritable big bad boss. Une bonne idée sur le papier, mais il y a trois soucis avec Brother Blood: 1°) Son masque ridicule dont la justification l'est tout autant, 2°) Le manque de charisme de l'acteur, gênant pour incarner un personnage manipulateur censé fédérer les foules, et 3°) À part pour la fausse piste scénaristique, il ne sert à rien dans le plan du méchant principal qui aurait très bien pu le réaliser sans avoir besoin de le placer au poste de maire!


Ceci est censé être un politicien charismatique.


Ça se voit à peine qu'il a pompé son look sur Scarecrow dans Batman Begins. À peine.

Et donc, me demandez-vous, qui est le véritable antagoniste principal de cette saison? Hé bien, il s'agit de Slade Wilson, l'ex-ami et mentor d'Oliver sur Lian Yu. En effet, il a été gravement blessé par les hommes d'Ivo et pour le sauver, Ollie lui a injecté une dose de Mirakuru qui a accéléré sa guérison tout en le dotant de capacités physiques surhumaines mais l'a également rendu mentalement instable et quand il découvre qu'entre temps, Shado, dont il était tombé amoureux, a été tuée par Ivo à cause d'Oliver qui a préféré protéger Sara, il perd la raison et jure de la venger.


Le premier épisode met en place, sans subtilité aucune, un triangle amoureux entre Shado, Oliver et Slade.


Ça ne lui va pas du tout, le look Harvey Dent.


Même si ça rappelle son célèbre masque bicolore.


Je te laisse le choix: laquelle je bute?


Ma vengeance sera terriiiiiiiible!!!

Si notre héros le croit ensuite mort dans le naufrage de l'Amazo, Slade a survécu et est devenu mercenaire sous l'identité de Deathstroke. Et maintenant que sa Némésis a rejoint la civilisation, il compte accomplir sa vengeance en lui prenant tout ce qu'il possède: sa compagnie et sa fortune avec l'aide de Rochev qui est sa complice, ses proches et même sa ville qu'il a l'intention d'entièrement détruire avec l'armée que Blood constitue pour lui. Et comme il a minutieusement planifié sa vengeance et étudié sa cible durant les 5 années précédentes, Oliver a bien du mal à contrer les actions de cet adversaire qui a systématiquement plusieurs coups d'avance sur lui et prend un malin plaisir à jouer psychologiquement avec lui.


Grâce à des caméras cachées dans leur maion ...


... Slade Wilson tient Oliver et sa famille ...


... à l'œil.


Il s'est constitué une armée pour anéantir Starling City.


Pas grave: Oliver a amené la sienne.

Mais la personne qui souffre le plus de cette vendetta, c'est Thea Queen, la sœur d'Oliver. Au début de la saison, tout va bien pour elle: l'ado rebelle et capricieuse de la saison 1 est devenue une adulte responsable gérant efficacement le nightclub Verdant, elle file le parfait amour avec Roy Harper à qui elle reproche toutefois son obsession à mettre sa vie en danger en voulant jouer les justiciers, et se réconcilie même avec sa mère après lui avoir reproché son implication dans l'Undertaking. Mais la guéguerre entre son frère et Deathstroke fait rapidement voler son monde en éclat: Rochev prend le contrôle du Verdant, Roy rompt avec elle de peur de la mettre en danger, sa mère est assassinée sous ses yeux et surtout, elle découvre que son vrai père est le responsable de l'Undertaking, Malcolm Merlyn, qui en profite pour revenir en mode "Je l'ai fait exprès de dire que j'étais mort!"


Thea et son vrai père ont une relation un chouïa conflictuelle.


Ah oui, elle a aussi droit à deux, trois kidnappings, histoire d'être sûr de ne rien oublier.

Évidemment, Deathstroke et ses complices ne sont pas les seuls super-vilains qu'Oliver devra affronter cette saison. On voit revenir des ennemis de la saison 1 comme China White, l'agaçante Huntress ou l'insupportable Count qui a au moins le bon goût d'en profiter pour trépasser, tandis que de nouveaux ennemis comme Bronze Tiger ou Clock King font leurs débuts.


Cette saison, Arrow affronte Wolver … Je veux dire Bronze Tiger.


Que serait une série avec Kelly Hu sans fanservice? (La scène a été coupée au montage mais c'est l'intention qui compte.)

Parmi les bad guys qui reviennent cette saison, il y a l'assassin Deadshot à qui les scénaristes en profitent pour apporter un peu de nuances en révélant l'existence de sa fille et en rendant plus complexe sa relation avec John Diggle dont il a tué le frère mais qui est plusieurs fois amené à collaborer avec lui, particulièrement quand le tueur à gages est capturé et recruté par Amanda Waller au sein de la Task Force X, plus connue sous le nom de Suicide Squad, une équipe de criminels jouant les agents de l'ombre pour le gouvernement en échange d'une éventuelle amnistie. On notera d'ailleurs qu'en un seul épisode, cette série nous offre une version live du Suicide Squad plus fidèle et réussie que le film sorti en salle 3 ans plus tard.


Sauf pour Amanda Waller qui a ici le physique de top model de la très décriée version New 52.


OK, OK, je vais vous la donner, cette augmentation.


Le Suicide Squad de l'Arrowverse.


Avec en prime, un cameo d'Harley Quinn (Créditée en tant que "membre féminin dérangée du Squad" dans le générique).


Les membres ayant des bombes implantées dans le crâne, déserter en court de mission est une mauvaise idée.


Ses rêves d'évasion viennent de partir en fumée.

Mais cette saison 2 ne se contente pas d'étoffer l'univers de la série, elle met également en place celui d'une autre en introduisant Barry Allen, le futur Flash, dans les épisodes 8 et 9 qui se concluent par l'accident censé lui donner ses pouvoirs mais qui, en attendant, le plonge dans le coma.


Felicity et Barry: entre nerds, on a des atomes crochus; mais il serait prématuré de parler de ...


... coup de foudre!


À suivre dans la saison 1 de Flash.


Ses futurs alliés Caitlin Snow et Cisco Ramon font également leur première apparition dans cette saison d'Arrow.

Et bien sûr, comme la précédente, cette saison est truffée de clins d'œil et de références à l'intention des fans de comics, le plus souvent sympathiques mais quelquefois envahissants: caser de temps en temps dans les dialogues un petit 52 qui est le chiffre fétiche de DC comics depuis l'excellente maxi-série du même nom, c'est sympa; quand c'est plus d'une fois par épisode, ça devient vite gavant!


Le repaire de Canary ressemble au QG des Birds of Prey, l'équipe dont elle fait partie dans les comics.


Deux conditions requises pour capter cette référence: 1°) Faire "pause" au bon moment, et 2°) Savoir que Blue Devil est un super-héros DC qui a acquis ses pouvoirs sur le tournage du film du même nom.


Un train qui s'appelle Arrow Line? Subtil!



BILAN


Concept = 4 / 5
Si le parti-pris de la première saison était de transposer les personnages de DC comics dans un contexte réaliste et terre-à-terre, la deuxième commence à introduire des éléments super-héroiques avec une drogue qui augmente les capacités physiques et des bad guys aux costumes extravagants (qui, il faut bien l'avouer, sont encore trop nouveaux pour ne pas jurer un peu avec le reste). Il faut dire que, comme l'indiquent les épisodes avec Barry Allen, les producteurs planchaient déjà sur Flash qui devait se dérouler dans le même univers et dont le héros pouvait difficilement fonctionner dans un contexte non-super-héroïque (À moins d'en faire un marathonien et ça n'aurait pas été très vendeur), d'où la nécessité d'opérer une transition en douceur.



Scénario (Intrigue principale) = 4,5 / 5
Comme dans la saison précédente, on suit en parallèle les événements du présent et ceux du passé avec cette fois-ci une continuité entre les deux. On continue de sentir l'influence des Batman de Christopher Nolan avec une intrigue principale qui pioche des éléments dans The Dark Knight rises (Isabel Rochev rappelle beaucoup Miranda Tate) mais raconte quand même sa propre histoire tout en continuant de développer une mythologie de plus en plus riche.



Scénario (Épisodes) = 3,7 / 5
Raconter en parallèle les événements du passé et ceux du présent tout en les faisant interagir est un exercice périlleux qui fonctionne parfois en jouant la carte de l'ironie dramatique (On a envie de savoir comment Slade est passé de meilleur ami d'Oliver à son pire ennemi), mais peut aussi gâcher certaines révélations ou rebondissements (La réapparition de Sara sur Lian Yu, filmée comme un énorme coup de théâtre, tombe à plat car on savait déjà qu'Oliver l'y avait retrouvée après sa "noyade"). Il est en outre regrettable que certains épisodes choisissent de mettre l'intrigue sur l'île en pause pour se consacrer à des événements survenus plus tôt mais qui n'ont aucune incidence sur la saison en cours (Les flashbacks centrés sur la famille Lance dans l'épisode 13 ne nous apprennent rien qu'on ne savait pas déjà et la révélation qu'Oliver a un enfant caché dans le 20 ne servira pas avant la saison 4). (Voir la section Épisodes pour plus de détails.)



Héros = 5 / 5
Comme dans la saison précédente, Oliver Queen (Arrow) est motivé par la volonté d'honorer la mémoire d'un proche décédé, ici son ami Tommy Merlyn; mais cette fois, son objectif est d'adoucir ses méthodes et de cesser d'être un justicier moralement ambigu pour devenir un véritable héros. Il en résulte un parcours inversé dans les deux intrigues: on le voit devenir de plus en plus sombre, violent et intransigeant dans celle du passé, puis s'assagir et s'humaniser dans celle du présent, le point culminant étant les deux duels finaux l'opposant à Slade Wilson et leurs conclusions diamétralement opposées puisqu'il choisit de le "tuer" dans le passé plutôt que de le soigner, mais fait le choix inverse dans le présent.



Costume = 4 / 5
On retrouve le costume de la saison 1 dont certains éléments sont expliqués (La capuche était celle de Shado qu'il a incorporé pour lui rendre hommage) et qui comporte enfin un masque, qu'il avait jusqu'ici refusé sous prétexte que ça risquait de le gêner pour viser. On notera d'ailleurs que cet accessoire ouvertement super-héroïque lui est justement offert pas Barry Allen, le futur premier super-héros de l'Arrowverse. Paradoxalement, alors qu'il possède un meilleur déguisement, Arrow fait moins d'efforts pour rester dans la pénombre et se met à porter une barbe de trois jours, rendant moins crédible le fait que ses proches ne le reconnaissent pas.



Pouvoirs et points faibles = 4 / 5
On retrouve les flèches gadgets-mais-réalistes de la saison 1, agrémentées d'un nouvel arc bien plus esthétique.



Autre(s) super-héros = 3,1 / 5
Si Sara Lance (Canary) (4,2 / 5) est un excellent personnage qui suit un parcours similaire à celui d'Oliver (Sombrant dans la noirceur dans le passé pour revenir vers la lumière dans le présent), ce qui est d'ailleurs un exploit pour quelqu'un qui était clairement prévue au départ pour mourir dès sa première apparition, Roy Harper (2 / 5) laisse une impression de potentiel inexploité malgré un côté justicier malchanceux intéressant.



Allié(s) = 3,5 / 5
On retrouve les excellents et efficaces John Diggle (5 / 5) et Felicity Smoak (5 / 5) mais Shado (0,5 / 5) ne s'est pas arrangée et continue d'être un catalogue des erreurs à ne pas commettre dans l'écriture d'un personnage féminin en étant à la fois une Mary-Sue qui ne cesse de sortir de nouvelles compétences de son popotin, une faux action girl qui passe son temps à se faire capturer malgré sa prétendue badassitude (À titre de comparaion, Felicity neutralise trois bad guys durant cette saison et c'est une simple informaticienne!), une pointe d'un triangle amoureux avec Oliver et Slade et une femme dans le frigo qu'on tue pour motiver la vendetta de ce dernier.



Entourage civil = 3,8 / 5
Moralement ambiguë mais prête à tout pour protéger ses enfants, Moira Queen (5 / 5) reste un excellent personnage, tout comme Quentin Lance (5 / 5) mais Laurel Lance (1 / 5) devient franchement insupportable, même si les derniers épisodes la voient évoluer positivement en prenant conscience de ses défauts et en apprenant la véritable identité d'Arrow, ce qui nous donne de l'espoir pour la saison suivante. Thea Queen (3 / 5) est parfois agaçante avec ses caprices, mais on peut la comprendre au vu de tous les coups durs qui lui tombent dessus et son évolution reste intéressante. Au rayon des nouvelles venues, Lyla Michaels (Harbinger) (4 / 5) est un très bon personnage, tout comme l'implacable et manipulatrice Amanda Waller (4,6 / 5) qu'on adore détester (Même si je trouve la version cinéma plus fidèle à son apparence classique), tandis que Sin (4 / 5) est sympathique et a d'excellentes interactions avec Sara Lance, Roy Harper et Thea Queen.



Personnages secondaires = 2 / 5
Même s'il est agréable de revoir des personnages de la saison 1 le temps d'un ou deux épisodes (Joanna de la Vega, Dinah Lance ou, plus surprenant, Lockhart qui n'était qu'un médecin anonyme croisé dans une courte scène), les autres sont pour la plupart des personnages fonctions avec peu ou pas de personnalité quand ils ne sont pas caricaturaux (Stein). La principale exception concerne les prisonniers de l'Amazo qui sont assez bien caractérisés mais qui, à part le sympathique Anatoly Knyazev, sont sous-exploités: on ignore le sort final de Hendrick Von Arnim et Thomas Flynn, qui est pourtant celui dont le background est le plus détaillé, n'apparaît que dans un seul épisode alors qu'on pouvait le fusionner avec le personnage de Peter et ainsi lui apporter une conclusion.



Antagonistes principaux = 2,3 / 5
Si, en tant que meilleur ami du héros devenu son pire ennemi, Slade Wilson (Deathstroke) (4,8 / 5) est un excellent antagoniste principal, on ne peut pas en dire autant de ses complices: Isabel Rochev (Ravager) (1,2 / 5) est une tête à claques aux motivations d'enfant gâtée et l'inconstant Sebastian Blood (Brother Blood) (0,7 / 5) ne sert qu'à créer une fausse piste. Enfin, Anthony Ivo (2,5 / 5) aurait pu faire un méchant ambigu si ses motivations n'étaient pas révélées aussi tardivement pour être aussitôt oubliées.



Autres antagonistes = 2,6 / 5
Qu'il s'agisse d'anciens ou de nouveaux adversaires, le bon (Nyssa al Ghul, Clock King, Dollmaker) continue de côtoyer le catastrophique (Mayor, Shrapnel, Acolyte). (Voir la section Antagonistes pour plus de détails.)



Décors = 3 / 5
On retrouve les qualités (Les magnifiques décors naturels de Lian Yu) et les défauts (Les Glades trop propres pour être crédibles en quartiers partiellement ravagées par un séisme où règnent la pauvreté et la criminalité), tandis que l'aspect visuel de la base d'Arrow s'est nettement amélioré avec un meilleur éclairage et des vitrines où sont exposés son costume et son arsenal.



Casting = 5 / 5
Stephen Amell continue de livrer une excellente prestation en incarnant un héros dont la personnalité varie selon l'époque où on le suit.



Combats = 2 / 5
Comme dans la saison précédente, les combats sont gâchés par une photographie trop sombre et un montage surdécoupé, même si certains épisodes font des efforts pour les rendre lisibles. C'est d'autant plus dommage que les acteurs savent se battre, que les chorégraphies sont soignées et qu'on a parfois droit à quelques trouvailles comme Arrow et Canary qui échangent leurs armes pour affronter les hommes de Mayor.



Effets spéciaux = 3 / 5
Comme pour la saison précédente, il s'agit surtout de décors et véhicules en CGI réellement bluffants, agrémentés cette fois de quelques cascades câblées pour simuler les capacités accrues des combattants.



Musiques = 3 / 5
Toujours signée Blake Neely, la BO de cette saison s'enrichit en sonorités tribales qui renforcent les scènes d'action et de tension mais continue de manquer de morceaux mémorables. Parmi ceux qui arrivent quand même à se distinguer, citons le thème de Barry Allen (The Scientist), plus léger et soulignant bien le côté candide et maladroit du personnage, et celui de Nyssa al Ghul (Heir to the Demon) avec ses sonorités moyen-orientales.



Générique(s) = 1,8 / 5
Comme pour la saison précédente, chaque épisode s'ouvre sur un monologue qui est cette fois: "My name is Oliver Queen. After five years on a hellish island, I have come home with only one goal: to save my city. But to do so, I can't be the killer I once was. To honor my friend memory, I must be someone else. I must be something else." = "Mon nom est Oliver Queen. Après cinq années sur une île infernale, je suis rentré chez moi avec un unique objectif: sauver ma ville. Mais pour cela, je ne peux plus être le tueur que j'ai été. Afin d'honorer la mémoire de mon ami, je dois être quelqu'un d'autre. Je dois être quelque chose d'autre." Ce monologue s'accompagne d'un montage d'extraits de la série qui, s'il change plusieurs fois en cours de saison, est assez bien vu dans sa première version, avec des scènes (provenant surtout de la saison 1) montrant Arrow abattre ses adversaires quand il dit ne plus pouvoir être un tueur, puis celles de la mort de Tommy et d'Oliver devant sa tombe quand il évoque sa volonté d'honorer sa mémoire, et le tout se termine par un joli effet de fondu enchaîné qui voit Oliver se transformer en son alter ego costumé (Ils prennent même la peine de modifier ce passage quand il se met à porter un masque). Après une séquence prégénérique, on voit apparaître de façon assez austère le titre devant une pointe de flèche mais les auteurs ont eu la bonne idée d'utiliser une pointe différente de celle de la saison 1 pour souligner l'évolution du personnage.


Le générique de fin est suivi du logo de DC qui se contente toujours d'incorporer un dessin de Green Arrow.




NOTE FINALE = 13,4 / 20